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Economie

Canicule : Le Maraîchage Sous Tension

Par Laura Tournon · Publie le 6 octobre 2026 · 4 min de lecture

Le secteur agricole marocain face à l’incertitude

Le secteur agricole marocain aborde la nouvelle campagne dans un climat d’**incertitude**. La saison précédente avait pourtant été marquée par des rendements satisfaisants et un répit significatif dans les réserves hydriques. Les mois d’automne, d’hiver et de printemps avaient permis de reconstituer les barrages et d’approvisionner adéquatement les grands périmètres irrigués. Cependant, les fortes **canicules estivales** ont modifié cette dynamique, mettant en péril l’ensemble du système.

Les défis climatiques pour les cultures pluviales

Les tensions thermiques actuelles mettent particulièrement à l’épreuve les **cultures pluviales**, qui dépendent de la pluie pour leur développement. Dans la région du **Souss-Massa**, connue pour sa production maraîchère, les aléas climatiques s’ajoutent à des défis structurels importants. Cette région est un pôle stratégique pour les **exportations agricoles**, concentrant presque la totalité des expéditions nationales de tomates vers divers marchés internationaux, y compris ceux de l’**UE** et de la **Grande-Bretagne**.

Les conséquences sur les cultures clés

Des représentants de fédérations agricoles, comme Amine Amanatoullah de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes, mettent en avant la **vulnérabilité** des cultures phares telles que les tomates, poivrons et concombres. Les températures excessives perturbent des phases biologiques essentielles comme la **floraison**, la **nouaison** et le **grossissement**, menaçant ainsi la quantité récoltée et la conformité aux normes de **qualité**.

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Les contraintes économiques et sanitaires

Les exploitations agricoles font face à des contraintes économiques et sanitaires croissantes qui alourdissent leurs charges. La propagation de virus végétaux, tels que le **ToBRFV**, ainsi que la dégradation des infrastructures de serres et l’augmentation des coûts des intrants, limitent les marges de manœuvre des producteurs. Pour atténuer les effets du **sirocco**, un vent chaud et sec, les agriculteurs investissent dans des dispositifs comme des filets brise-vent et des systèmes de **refroidissement évaporatif**, ce qui augmente encore le coût de production.

L’eau, un enjeu économique majeur

L’analyse de cette situation ne se limite pas à la seule question des volumes récoltés ; l’**eau** devient une variable économique déterminante, influant lourdement sur la **rentabilité**. Les besoins accrus en irrigation dus à la chaleur entraînent des dépenses supplémentaires pour maintenir des standards de qualité acceptables à l’exportation. Des experts en agroéconomie soulignent qu’un bon rendement physique ne garantit pas un revenu agricole stable, les fluctuations des prix sur les marchés jouant un rôle déterminant dans la gestion financière des exploitations.

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Les impacts sur d’autres filières

Les conséquences des aléas climatiques touchent également d’autres filières, telles que l’**arboriculture fruitière** et la production d’**huile d’olive**. La culture des oliviers nécessite des apports hydriques précis en fin de période estivale pour garantir un bon calibre aux olives. Un manque d’eau à ce moment peut compromettre la récolte future. D’autre part, le secteur doit surmonter les déséquilibres de la campagne précédente, marquée par une **surproduction** ayant entraîné une chute des prix.

Vers une adaptation durable

Face à ces défis climatiques récurrents, l’enjeu majeur pour les acteurs du secteur agricole réside dans leur capacité à s’**adapter** de manière durable. Cela implique non seulement de sécuriser l’accès à l’eau et d’ajuster les calendriers de récolte pour éviter des perturbations logistiques, mais aussi d’accélérer l’**innovation variétale** avec des plants plus résistants. Le maintien de la compétitivité marocaine à l’international nécessite un soutien technique et financier accru, permettant aux exploitations de faire face aux chocs thermiques et de stabiliser leur offre sur les marchés, tout en tenant compte des conditions météorologiques désormais imprévisibles.