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Economie

Casablanca : Lancement d’un Méga-Projet de Valorisation Énergétique des Déchets pour une Transition Écologique

Par Laura Tournon · Publie le 7 août 2026 · 5 min de lecture

Une Révolution Écologique à Casablanca

Au cœur du poumon économique du Royaume, une transformation silencieuse mais décisive s’amorce pour réinventer l’horizon environnemental d’une mégapole en constante effervescence. La Commune de Casablanca vient d’officialiser une avancée majeure dans son agenda de transition écologique en signant un contrat de concession pour le traitement et la valorisation des débats solides de la métropole. Ce partenariat stratégique scelle l’alliance entre l’acteur suisse Kanadevia Inova, le champion national de l’énergie Nareva et la maison de négoce japonaise Itochu. En concluant simultanément des accords d’achat d’électricité avec la Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat et l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable, la capitale économique pose la première pierre d’un vaste complexe industriel qui transformera un fardeau urbain historique en ressource énergétique d’avenir.

Un Projet Ambitieux et Durable

Cette opération représente le baptême du feu pour l’équipementier suisse Kanadevia Inova sur le continent africain, concrétisant l’un des programmes de gestion durable des résidus ménagers les plus ambitieux à l’échelle régionale. Prévue pour une durée impressionnante de trente-trois ans et demi, la concession confie à ce consortium l’exclusivité du traitement des déchets collectés au sein du Grand Casablanca, une aire urbaine rassemblant plus de quatre millions deux cent mille habitants. Dans une ville où la pression démographique et l’essor de la consommation génèrent d’importants volumes d’ordures, la future infrastructure atteindra une capacité de traitement approchant un million cinq cent mille tonnes par an. L’objectif est d’atteindre un taux de valorisation globale des déchets de près de quatre-vingts pour cent, marquant une rupture nette avec la pratique ancestrale de l’enfouissement massif.

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Une Synergie entre Écologie et Énergie

La véritable originalité de ce projet réside dans son hybride parfaite entre assainissement métropolitain et souveraineté énergétique. Au-delà du simple traitement sanitaire, le site fonctionnera comme une centrale de production électrique décentralisée. L’usine déploiera une capacité installée d’environ cent vingt-six mégawatts thermiques et électriques, complétée par un parc solaire photovoltaïque de cinquante mégawatts-crête et un dispositif de quatre mégawatts dédié à la capture et à la valorisation du biogaz extrait de la décharge. L’ensemble produira annuellement près d’un térawattheure d’électricité verte, suffisant pour alimenter un million d’habitants. Cette synergie technique s’inscrit pleinement dans la feuille de route du Maroc, engagé dans une décarbonation rapide de son mix électrique face à une demande nationale en forte progression.

Un Impact Climatique Positif

Sur le plan climatique, l’impact de cette infrastructure s’annonce particulièrement bénéfique pour la région. Implantée à proximité du site de Médiouna, historiquement identifié comme l’un des points noirs environnementaux et une source d’émissions de méthane préoccupantes, l’usine contribuera à neutraliser une grande partie de la pollution atmosphérique locale. En substituant le stockage à ciel ouvert par une valorisation thermo-chimique et biologique, le projet évitera l’émission de la moitié à une tonne d’équivalent dioxyde de carbone pour chaque tonne de déchets traitée, réduisant ainsi de manière significative les gaz à effet de serre.

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Retombées Socio-Économiques et Perspectives d’Avenir

L’impulsion donnée par ce grand chantier se mesurera également à l’aune de ses retombées socio-économiques. La phase de construction, qui s’étalera sur trois ans et demi, nécessitera la mobilisation de près de douze cent quarante travailleurs spécialisés sur le site principal, auxquels s’ajouteront environ trois cents emplois indirects liés aux infrastructures logistiques. Une fois la centrale mise en service, environ cent quarante postes qualifiés seront créés pour assurer l’exploitation, la maintenance et le suivi technologique de l’installation. Ce projet générera ainsi une création de valeur locale et un transfert de compétences technologiques vers l’écosystème ingéniosité marocain.

Une Vision Moderne de l’Économie Circulaire

Pour l’entreprise suisse et ses partenaires japonais et marocains, cette signature représente une vision moderne de l’économie circulaire appliquée aux grandes métropoles des pays émergents. En associant la maîtrise technologique helvétique de la combustion propre, la solidité financière nippone et le leadership territorial de Nareva, le consortium établit un modèle industriel reproductible à travers l’Afrique. Alors que le Royaume se prépare pour ses grandes échéances économiques et internationales à l’horizon 2030, Casablanca démontre qu’une grande capitale régionale peut harmoniser compétitivité urbaine, préservation de l’environnement et sécurité énergétique durable.