Le Maroc face à un défi majeur dans la collecte de blé tendre
Dans un contexte de difficultés significatives en matière de collecte nationale de blé tendre, le Maroc se trouve dans une situation complexe. Les acteurs de la filière, en collaboration avec les autorités publiques, mettent tout en œuvre pour assurer l’approvisionnement du marché intérieur. Selon le quotidien L’Economiste, « Alors que les prévisions initiales tablaient sur une récolte oscillant entre 15 et 20 millions de quintaux, celle-ci s’est avérée bien inférieure, atteignant à peine 7 millions de quintaux, ce qui constitue un véritable fiasco pour la collecte nationale ».
Des répercussions sur les stocks et les importations
Cette contre-performance de la production locale a des conséquences directes sur les stocks des meuniers. Ces derniers ont été contraints de suspendre leurs achats sur le marché international pendant près de quatre mois, ce qui a fragilisé les réserves stratégiques du pays. D’après la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, les importations de céréales ont chuté de 35 % entre le 1er juin et le 30 septembre, avec une baisse alarmante de 96 % des volumes de blé tendre importés par rapport à la même période de l’année précédente.
Les mesures du gouvernement pour soutenir le secteur
Pour remédier à cette baisse critique et encourager la reconstitution des stocks nationaux, le gouvernement a décidé de prolonger le système de restitution à l’importation du blé tendre jusqu’à la fin de l’année 2026. Parallèlement, la prime forfaitaire d’importation a été doublée. « Cette prime, portée de 20,80 à 44,48 dirhams par quintal importé par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses, vise à compenser l’écart avec les cours mondiaux et à soutenir le pouvoir d’achat face à la flambée des prix », précise L’Economiste.
Le rôle essentiel de la France dans la sécurité alimentaire
Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et des perturbations logistiques autour de la mer Noire, la France demeure un acteur clé dans la sécurité alimentaire du Maroc. En tant que premier fournisseur de blé tendre du pays depuis près de deux décennies, cette collaboration se renforce, le Maroc étant la première destination du blé français hors de l’Union européenne depuis quatre ans.
Les perspectives d’importation pour l’avenir
Les prévisions pour la campagne 2026-2027 indiquent une légère baisse des exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers, estimée à environ 7 millions de tonnes, en raison de besoins globaux réduits du Maroc. « Néanmoins, les importations marocaines en provenance de l’Hexagone continuent d’augmenter qualitativement, grâce à l’excellente qualité du blé français cette année, comme le montrent les navires actuellement en rade au port de Casablanca, transportant des volumes significatifs », souligne L’Economiste.
Une collaboration renforcée lors des Rencontres franco-marocaines des céréales
Ce lien stratégique a été mis en lumière lors des Rencontres franco-marocaines des céréales, tenues à Casablanca. Cet événement a rassemblé des centaines de professionnels des deux pays pour discuter des perspectives des marchés mondiaux et sécuriser les approvisionnements. À travers ces échanges, et avec le soutien continu de l’État, qui prend en charge la différence entre le coût d’importation et le prix de cession, les acteurs institutionnels et professionnels affirment leur volonté commune de surmonter les aléas climatiques et les incertitudes du commerce international.