Le décès de Maricarmen Abascal : un symbole de la lutte pour le logement en Espagne
Maricarmen Abascal, octogénaire dont l’expulsion a provoqué une mobilisation massive en Espagne, est décédée ce mercredi. Son décès a suscité une profonde émotion et une forte indignation parmi les militants du droit au logement.
Des manifestations en mémoire de Maricarmen
Des centaines de manifestants se sont rassemblés près du Parlement, à Madrid, chantant des slogans tels que «Maricarmen vit, la lutte continue» et «On ne tolérera pas une expulsion de plus !». Ce rassemblement fait suite à des manifestations déclenchées par son expulsion survenue le 23 septembre.
Une ambiance de deuil sur la Puerta del Sol
Sur la célèbre Puerta del Sol, des militants ont installé un campement depuis dix jours pour exprimer leur colère. L’atmosphère était empreinte de tristesse, avec des bougies allumées pour rendre hommage à Maricarmen, tandis que des militants observaient une minute de silence en sa mémoire.
Un combat symbolique pour le droit au logement
Dans un communiqué, le syndicat des locataires de Madrid a annoncé : «Nous avons le regret d’annoncer que Maricarmen est décédée aujourd’hui», en saluant son combat comme «un tournant dans l’histoire de ce pays». Son expulsion est devenue emblématique des difficultés rencontrées par de nombreux Espagnols sur le marché du logement, après avoir été chassée de son appartement par une société immobilière ayant augmenté son loyer de manière significative.
Une ironie tragique
Maricarmen a été transportée à l’hôpital après son expulsion, mais elle est décédée avant de pouvoir rejoindre son domicile, bien qu’un accord ait été trouvé pour sa réintégration.
Des témoignages poignants
Ashely Pérez, une militaire de 23 ans, a partagé son expérience sur la Puerta del Sol : «Je me reconnais dans cette situation, et en plus je souffre de la même chose. J’ai un enfant et je n’ai pas de foyer». La voix brisée par l’émotion, Nora Boumghait, 25 ans, a déclaré : «On a tué Maricarmen. Les derniers jours d’une femme de 87 ans ont été remplis d’angoisse».
Réactions politiques
Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, a exprimé sur les réseaux sociaux son affection envers la famille de Maricarmen, ajoutant : «J’adresse également une étreinte à tous ceux qui ressentent aujourd’hui cette perte comme la leur».
Un appel au respect en période électorale
Le rival de droite de Pedro Sanchez, Alberto Nunez Feijoo, a appelé au respect et à éviter toute instrumentalisation de ce décès, dans un contexte électoral où la question du logement promet d’être centrale.
Mobilisations et élections anticipées
Face à la montée des mobilisations, le gouvernement de gauche a promulgué récemment deux décrets pour tenter de contenir la crise du logement, mesures qui ont été rejetées par le Parlement. Suite à des manifestations massives à travers le pays, Pedro Sanchez a annoncé des élections législatives anticipées pour le 29 novembre.
Appel à la grève générale
Les principaux syndicats espagnols ont appelé à une grève générale pour le 11 novembre, afin de revendiquer «de meilleurs salaires» et «un logement digne». Le syndicat des locataires a déclaré : «La question du logement est au cœur des débats, mais le prix à payer pour en arriver là a été beaucoup trop élevé».