État du marché immobilier marocain : signes de reprise timide
Après un début d’année marqué par une forte contraction des transactions, le marché immobilier marocain montre enfin quelques signes de reprise, bien loin de l’euphorie attendue. La conjoncture économique, tant nationale qu’internationale, continue d’impacter le secteur. Cependant, la demande reste particulièrement forte dans certaines zones ciblées. Le programme d’aide directe au logement Daam Sakane joue un rôle clé en apportant une dynamique positive, surtout pour le logement économique, social et rural, comme le souligne le magazine Finances News Hebdo.
Analyse des tendances du marché en 2026
L’année 2026 ne s’est pas révélée être le moteur de relance tant espéré par les professionnels de l’immobilier. Bien que le marché affiche une évolution relativement stable, cette tendance devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’exercice et s’étendre au début de l’année suivante. Les données officielles de la Bank Al-Maghrib et de l’Agence nationale de la conservation foncière montrent un net recul de l’activité au premier trimestre par rapport à la fin de l’année précédente. Les transactions ont enregistré une chute impressionnante dans presque tous les segments : -38,4 % pour le résidentiel, près de -46 % pour le foncier et -40,2 % pour les biens à usage professionnel.
Une reprise amorcée au deuxième trimestre
La tendance s’est inversée au cours du deuxième trimestre, marquant ainsi un début de reprise avec une augmentation de 11 % du volume des transactions par rapport au trimestre précédent. Cette période a également été accompagnée d’une légère hausse globale des prix de 0,7 %, en grande partie due à une augmentation de 1 % des biens résidentiels. Driss Nokta, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, souligne que l’année 2025 avait été marquée par une période d’attentisme, due à une conjoncture peu favorable. Selon lui, après un début d’année difficile, le marché a connu un redressement au second trimestre, qui se traduit par une stabilisation du volume des transactions, comme mentionné dans Finances News Hebdo.
Dynamiques territoriales contrastées
Les dynamiques territoriales varient considérablement. Dans les zones à fort potentiel, comme Casablanca Finance City ou le quartier Hay Ryad à Rabat, la demande surpasse largement l’offre, entraînant une flambée des prix tant à l’achat qu’à la location. De plus, les nouvelles zones urbaines telles que Dar Bouazza, Zenata et Bouskoura affichent des indicateurs très favorables dans tous les segments, avec une préférence croissante des acheteurs pour les appartements et les villas. Le secteur de l’immobilier professionnel continue également de se développer, les plateaux de bureaux attirant un nombre important d’investisseurs, renforçant ainsi l’optimisme des acteurs du marché.
Perspectives du logement économique et social
Les perspectives du logement économique et social semblent très prometteuses, surtout en raison du poids démographique de la population cible. Dans ce contexte, le programme d’aide directe à l’acquisition Daam Sakane joue un rôle déterminant. Ayant dépassé la barre des 100 000 bénéficiaires, il est en bonne voie pour atteindre l’objectif de 200 000 attributions d’ici 2028. Ce dispositif a un impact significatif au-delà des simples acquéreurs, en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération de petits et moyens promoteurs investissant dans des zones périphériques, stimulant ainsi l’investissement et l’emploi local, selon Finances News Hebdo.
Stratégie de développement territorial
Cette dynamique est en phase avec la stratégie de développement territorial mise en œuvre par le département de l’Habitat. Plus de 33 000 douars, abritant près de quatre millions d’habitants, ont été identifiés comme pouvant accueillir des centres émergents. Cette politique vise à réduire les inégalités régionales tout en allégeant la pression démographique et urbanistique sur les grandes métropoles. Grâce aux nouvelles dispositions ministérielles consacrées au logement rural, ce segment est sur le point d’entrer dans une phase de développement accéléré, confirmant ainsi la transformation en cours du paysage immobilier national.