Le Maroc se distingue au Beyond Tourism Day
À l’occasion du Beyond Tourism Day, le Forum économique mondial a révélé l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index. Ce rapport met en avant la consolidation du secteur touristique au Maroc, qui se classe au 70e rang mondial et figure parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Malgré ses défis structurels liés au capital humain, le pays parvient à s’affirmer grâce à l’importance accordée au tourisme par l’État et au poids significatif de ce secteur dans l’économie nationale. Comme le souligne L’Économiste, « face à l’émergence de nouvelles puissances touristiques, le défi porte désormais sur la création de valeur, au-delà de la seule attraction des visiteurs ».
Analyse des piliers de l’Index
L’analyse des différents piliers de cette édition révèle un contraste frappant. Le score global du Maroc s’établit à 3,84 sur 7, marquant une progression de 5,5 % depuis 2024 et de 3,9 % par rapport à 2019. Cette dynamique est principalement soutenue par la vision stratégique de l’État. En effet, la dimension dédiée aux politiques et aux conditions du secteur se classe au 48e rang mondial, un résultat attribué à la qualité de la gouvernance et à un engagement politique affirmé en matière de dépenses publiques. Le pays bénéficie également d’un climat des affaires solide (60e), d’une ouverture remarquable (43e) et d’indicateurs de sécurité rassurants (50e) pour les investisseurs et les voyageurs.
L’impact économique du secteur touristique
D’un point de vue économique, le voyage et le tourisme se révèlent être des secteurs fondamentaux. En 2025, le Maroc a accueilli 19,79 millions de touristes internationaux, générant ainsi 14,82 milliards de dollars de recettes. Le PIB direct du secteur atteint 9,75 milliards de dollars, soit 5,9 % de la richesse nationale. Comme l’indique L’Économiste, « il soutient par ailleurs 666 000 emplois, représentant 6,1 % de l’emploi total. Les dépenses touristiques domestiques, qui comptent pour 30,4 % des dépenses internes, constituent un facteur de résilience face à la volatilité de la demande internationale ».
Les défis à surmonter
Cette ambition, cependant, se heurte à des vulnérabilités structurelles. Le Maroc se classe au 101e rang mondial pour le capital humain et le marché du travail. Son impact socio-économique, classé au 107e rang, constitue un frein majeur pour une destination qui aspire à transformer les flux de visiteurs en prospérité locale durable. Le pays s’appuie néanmoins sur ses infrastructures de transport aérien (50e), ses réseaux terrestres et portuaires (64e), ainsi que sur son offre d’hébergement et d’investissement (65e). Toutefois, son classement en matière de technologies de l’information et de la communication (79e), de santé et d’hygiène (86e) souligne la nécessité d’une montée en gamme. En revanche, le Royaume se distingue par ses ressources culturelles, classées au 20e rang mondial.
Le Maroc dans le contexte régional
À l’échelle régionale, le Maroc dépasse la moyenne de sa sous-région nord-africaine, qui est établie à 3,74, tout en restant légèrement en deçà de celle de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui atteint 3,98 en raison des investissements massifs des économies du Golfe. À l’instar de l’Égypte (3,97), le Royaume se positionne comme une locomotive touristique en Afrique du Nord. Néanmoins, il doit faire face à une compétitivité-prix (56e) qui s’érode progressivement, une tendance observée par les experts à l’échelle mondiale. Malgré ces défis, la durabilité de la demande (54e) et la préservation environnementale (63e) témoignent de sa capacité à gérer efficacement les flux touristiques. Comme le souligne L’Économiste, « le redressement de l’impact socio-économique demeure néanmoins urgent pour pérenniser son modèle ».