Une Évolution Majeure de la Haute Gouvernance au Maroc
Au Maroc, le paysage de la haute gouvernance d’entreprise subit une transformation significative grâce à la loi 19-20, qui impose depuis le début de l’année 2024 un quota minimal de 30% de femmes dans les organes de direction des sociétés anonymes cotées. Les données du dernier baromètre de la gouvernance responsable révèlent que le taux de féminisation de ces instances a atteint 29% en 2025, témoignant d’une progression notable de huit points en deux ans. Le magazine Jeune Afrique souligne que, bien que cette dynamique soit saluée par le Club des femmes administrateurs, l’accès aux postes de présidence reste très limité, avec seulement 9% des conseils présidés par des femmes.
Un Diagnostic Global en Élaboration
Ce constat, comparable aux normes observées en Allemagne, se situe encore en deçà de celles de la France. En réponse, les instances dirigeantes s’engagent à élaborer un livre blanc destiné à établir un diagnostic global du tissu économique national.
Figures Émérites de la Transformation
La transformation du paysage financier et des investissements stratégiques est largement menée par des figures emblématiques. Nezha Hayat, fondatrice du Club des femmes administrateurs en 2012 et figure influente de la finance arabe, incarne cette dynamique. À la tête du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, elle met à profit ses quarante années d’expérience pour moderniser l’Autorité marocaine du marché des capitaux et orienter les priorités vers des produits financiers innovants et le développement des partenariats public-privé, favorisant ainsi les infrastructures et le soutien aux PME.
Impact dans l’Industrie et la Transformation Numérique
Dans le secteur stratégique de l’industrie et de la transformation numérique, Nadia Fassi Fehri illustre une approche centrée sur la conduite du changement. En tant que conseillère du président du groupe OCP, elle a démontré un parcours pionnier, notamment lors de son passage à la tête de l’opérateur Inwi, où elle a significativement élargi l’accès à Internet. Son initiative d’intégrer l’intelligence artificielle bionique dans les processus opérationnels a transformé le modèle économique de sa division, augmentant le chiffre d’affaires tout en mettant l’accent sur la gestion des ressources humaines.
La Souveraineté Sanitaire et le Rayonnement Régional
La quête de souveraineté sanitaire se manifeste à travers Lamia Tazi, présidente-directrice générale du laboratoire Sothema. À la tête de cette entreprise familiale cotée à la Bourse de Casablanca, elle a réussi à allier rentabilité et santé publique, en élargissant la présence des produits pharmaceutiques marocains dans près de quarante pays. Son rôle dans la production locale de vaccins durant la crise sanitaire témoigne de son engagement à réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des importations de médicaments.
Des Étapes Historiques dans le Secteur Bancaire
Le secteur bancaire marocain franchit des étapes marquantes en matière de parité. Avec l’accession de Naziha Belkeziz à la présidence de la Banque centrale populaire, une femme prend les rênes d’un groupe bancaire majeur pour la première fois. La nomination de Noufissa Kessar à la direction générale du fonds Al Mada représente également un tournant, elle pilote désormais le développement d’un empire multisectoriel axé sur la transition énergétique et l’innovation technologique.
Leadership Féminin et Engagement International
L’influence du leadership féminin se manifeste par une implication active dans les instances patronales et les réseaux internationaux. Miriem Bensalah Chaqroun, première femme à présider la Confédération générale des entreprises du Maroc, a mené des réformes significatives sur la compétitivité. Elle combine ses responsabilités au sein du groupe Holmarcom avec des engagements au sein de conseils d’administration d’entreprises mondiales et d’organisations des Nations unies, illustrant ainsi l’impact des dirigeantes marocaines sur la scène économique nationale et internationale.