Un Accord Pétrolier Historique pour le Venezuela
Près de huit mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine, l’accord annoncé vendredi marque un tournant potentiel pour le Venezuela. Cet accord vise le développement de 17 champs pétroliers, avec un potentiel prouvé de 65 milliards de barils, en échange d’investissements destinés à revitaliser une industrie en difficulté. Bien que l’annonce ait suscité des critiques, elle a également éveillé l’espoir d’une reprise économique.
Les Déclarations de Donald Trump
Qualifiant cet accord de « le plus grand accord pétrolier de l’histoire », Donald Trump a affirmé que les États-Unis obtiendraient le contrôle majoritaire de champs représentant plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées. Cependant, le manque de détails a alimenté les rumeurs et les spéculations, laissant présager un dispositif potentiellement favorable à Washington, au détriment de Caracas. Le texte intégral de l’accord n’a pas été publié, soulevant des interrogations sur sa structure juridique, son financement, l’identité des opérateurs et le calendrier des investissements.
La Réaction du Venezuela
Lors d’un discours télévisé, Delcy Rodriguez a insisté sur le fait que « une chose doit être absolument claire : le Venezuela conserve la propriété et la souveraineté sur ses ressources ». Elle a ajouté que cet accord apportera « le capital, la technologie et la capacité opérationnelle nécessaires pour soutenir la reprise d’une industrie stratégique durement frappée par les sanctions », bénéficiant ainsi à la population.
Les Perspectives Financières
Le Venezuela a estimé que cet accord pourrait générer environ 209 milliards de dollars de recettes pour l’État au cours de ses 25 années d’application, basé sur un prix de référence de 65 dollars le baril. Delcy Rodriguez a précisé que le pays recevrait directement, grâce aux taxes et aux redevances, « près de 19 dollars » pour chaque baril produit et vendu dans le cadre de cet accord. Un objectif initial de production de plus de 1,5 million de barils par jour a également été annoncé.
Inquiétudes des Partisans du Pouvoir
Ce nouvel accord suscite des préoccupations parmi les partisans du pouvoir et les militants chavistes, qui craignent une omniprésence américaine dans les affaires du pays et une perte de contrôle sur les ressources nationales. Jesus Salazar, un agent de sécurité, a exprimé ses doutes : « On ne sait pas qui ça va avantager ! Le Venezuela ou eux, les États-Unis ».
Réformes et Sanctions
Sous la pression de Washington, Delcy Rodriguez a récemment promulgué des réformes ouvrant au capital privé, y compris étranger, les secteurs du pétrole et des mines, qui étaient autrefois strictement contrôlés par l’État. Parallèlement, les États-Unis ont assoupli les sanctions pétrolières imposées sous Nicolas Maduro.
Une Industrie en Reprise
La production pétrolière a connu une hausse de près de 30% entre janvier et juillet, atteignant environ 1,2 million de barils par jour. Ce chiffre reste cependant très inférieur aux trois millions de barils quotidiens produits il y a un quart de siècle, avant que l’industrie ne s’effondre sous l’effet du manque d’entretien, de la corruption et de la mauvaise gestion.
Espoirs Économiques
L’accord avec Washington pourrait être un catalyseur pour la reprise économique tant attendue au Venezuela, encore marqué par une crise sévère entre 2014 et 2021, qui a plongé des millions de Vénézuéliens dans la pauvreté. C’est l’espoir partagé par de nombreux habitants qui, aujourd’hui, survivent avec un salaire minimum mensuel équivalant à quelques centimes de dollar, tandis que le coût du panier alimentaire est estimé à environ 730 dollars.
Des Voix de Doute
Carlos Baco, un fonctionnaire, exprime son scepticisme face à l’impact immédiat de l’accord : « Jusqu’à présent, on n’a rien vu. La consommation et la nourriture sont plus chères (…) Le dollar, les transports, tout augmente. C’est impossible ici ». L’ingénieur Oswaldo Felizzola tempère les espoirs, affirmant que « l’augmentation de la production ne se verra pas avant au moins trois ou quatre ans ».
Une Opportunité à Saisir
Pour les spécialistes du secteur pétrolier, la présence des États-Unis comme « garant » des investissements est perçue comme positive. L’analyste Elias Ferrer souligne que sans cet accord, ces champs ne seraient pas exploités dans un avenir proche, car la compagnie nationale PDVSA ne dispose pas des ressources nécessaires. Selon lui, « Si personne ne l’exploite, personne ne paie de redevances et personne n’en tire profit ».