L’Ouverture Nocturne de la Porte Numéro 4 du Port de Casablanca
L’ouverture nocturne de la porte numéro 4 du port de Casablanca, mise en place depuis le 18 septembre, représente une démarche tangible visant à désengorger **la principale plateforme portuaire** du pays. Prévue de 21 heures à 7 heures du matin par un arrêté de la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa, cette initiative résulte d’une concertation approfondie entre l’Agence nationale des ports, les autorités, les services de sécurité et les opérateurs. « En offrant dix heures supplémentaires d’accès quotidien, elle vise à étaler les flux de poids lourds, à atténuer les pics de la journée, à limiter la cohabitation difficile entre les camions et la circulation urbaine, et à tirer le meilleur parti des heures creuses. Cette flexibilité horaire ne signifie pas que le port fonctionne désormais vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le défi logistique a simplement changé de nature », indique le quotidien Les Inspirations Eco du 23 septembre.
Amélioration de la Situation Maritime
Au printemps dernier, la crise maritime était particulièrement marquée, avec près de soixante navires immobilisés, entraînant des délais d’attente de dix à quinze jours, surtout pour les céréaliers, les vraquiers et les porte-conteneurs. « Aujourd’hui, la situation maritime s’est nettement améliorée : le nombre de navires en attente est retombé à une dizaine ou une quinzaine », affirme Mohamed El Jaouadi, président de l’Association des armateurs du Maroc.
Le Déplacement du Goulet d’Étranglement
Bien que le soulagement soit perceptible sur la mer, il a entraîné un déplacement du goulet d’étranglement vers la chaîne terrestre. Les camions passent encore entre huit et neuf heures à l’intérieur de l’enceinte portuaire pour retirer leur marchandise. Cette attente met en lumière les limites d’une simple extension des horaires si le reste de l’écosystème ne progresse pas à un rythme similaire.
Limites des Solutions Actuelles
Pour les professionnels du secteur, l’accroissement des accès ou l’élargissement des horaires d’ouverture ne suffisent pas à résoudre un problème structurel tant que les capacités internes ne sont pas augmentées. La performance globale restera limitée tant que les équipements de pesage, les scanners et les capacités des terminaux ne seront pas adaptés pour gérer cette augmentation des flux.
Coordination Opérationnelle : Un Enjeu Majeur
Ce besoin de coordination opérationnelle s’étend au-delà de la zone portuaire, touchant l’ensemble de la chaîne logistique : douanes, organismes de contrôle, transitaires, transporteurs, importateurs et industriels. Décharger un conteneur à une heure tardive perd tout son sens si l’entrepôt de destination est fermé. « La congestion est alors simplement repoussée vers l’aval, tandis que persistent des temps morts pénalisants », souligne Les Inspirations Eco.
Les Coûts de la Congestion
La fluidité recherchée représente un enjeu financier majeur pour l’économie marocaine. Bien qu’aucun chiffre officiel ne quantifie précisément le coût global de la congestion, certains indicateurs témoignent de son ampleur. Par exemple, les surestaries des vraquiers et des céréaliers peuvent atteindre vingt mille à vingt-cinq mille dollars par jour une fois la période de franchise dépassée, charges qui pèsent directement sur les chargeurs et les importateurs.
Vers une Optimisation Nécessaire
Des incertitudes demeurent également concernant les surcharges appliquées aux conteneurs par certaines compagnies maritimes en période de tension. Réduire les temps d’attente est donc essentiel pour optimiser la rotation des équipements, limiter l’immobilisation des flottes et alléger les frais additionnels qui impactent l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Une Perspective à Long Terme
Face à ces défis, les acteurs du secteur portuaire soulignent la nécessité de pérenniser cette nouvelle mesure dans une perspective à long terme, avec un suivi technique rigoureux des délais et des coûts. Parmi les solutions complémentaires envisagées pour fluidifier durablement les opérations figure la mise en place d’un système de rendez-vous afin d’éviter l’engorgement simultané des accès.
Réflexion sur l’Avenir du Port de Casablanca
À plus longue échéance, certains experts estiment que les limites actuelles du port de Casablanca, liées à son tirant d’eau et à sa nature de port multi-usage où cohabitent de multiples trafics, dont celui des phosphates, nécessiteront une réflexion en profondeur. Celle-ci pourrait porter sur la redistribution de certaines activités ou sur la création d’une nouvelle infrastructure en eaux profondes pour préserver la compétitivité logistique du pays.