Renforcement de la Résilience Hydrique au Maroc
Le programme gouvernemental a introduit des initiatives pour renforcer la capacité de résistance du pays face aux défis liés à l’eau. Parmi ces initiatives, le découpage des projets d’urgence, le dessalement d’eau de mer et les transferts d’eau sont essentiels. Cependant, la gestion de la demande en eau a pris du retard, et l’efficacité hydrique reste limitée, tandis que les projets de réutilisation des eaux usées avancent lentement.
Stratégies pour Sécuriser l’Approvisionnement en Eau
Pour assurer un approvisionnement durable, le gouvernement s’appuie sur trois leviers principaux. Le premier consiste à augmenter le nombre de petits barrages et de barrages collinaires, tout en valorisant les eaux de pluie. Cette initiative cible principalement les zones arides, semi-arides, montagneuses et les oasis.
Le deuxième levier est l’accélération du dessalement de l’eau de mer, destinée prioritairement à la consommation humaine et à l’irrigation dans certaines zones. Enfin, le troisième levier concerne le transfert d’eau entre bassins et régions, sous réserve de faisabilité et de préservation des équilibres hydriques des zones impliquées.
Infrastructure Hydraulique : Un Investissement pour l’Avenir
Concrètement, le programme prévoit la construction d’environ 400 ouvrages hydrauliques, comprenant petits barrages, barrages collinaires et infrastructures de collecte des eaux pluviales.
Les travaux du barrage Kheng Grou, 5ème plus grand du Maroc, affichent un taux d’avancement de 70%. (K.Sabbar/Le360)
Parmi les projets, six nouvelles stations de dessalement sont annoncées, en plus de celles déjà en cours, avec un objectif de mobilisation de 1,8 milliard de m³ d’ici 2031. La deuxième tranche du projet de transfert entre bassins est également programmée, permettant l’acheminement de l’eau du bassin du Bouregreg vers celui de l’Oum Er-Rbia, au niveau du barrage Al Massira.
Gestion Améliorée de la Demande en Eau
Une attention particulière est portée sur la consommation d’eau, en commençant par la protection des nappes souterraines par le biais de contrats de gestion partagée. Ces contrats impliqueront tous les acteurs concernés dans la prise de décision. Des règles strictes de contrôle des volumes prélevés seront instaurées pour mettre fin à la surexploitation, accompagnées de solutions de recharge artificielle des nappes.
La réutilisation des eaux usées traitées doit également être accélérée pour réduire la pression sur les ressources en eau destinées à l’arrosage des espaces verts et des terrains de sport. Le gouvernement s’engage à réviser les textes régissant l’affectation et la distribution des eaux des barrages, tout en renforçant les moyens de contrôle du domaine public hydraulique.
Un Plan National de l’Eau Participatif
Un nouveau plan national de l’eau sera élaboré de manière participative, impliquant les ministères, les établissements publics, les collectivités territoriales, les acteurs économiques et la société civile. Ce plan définira une vision spécifique pour chaque bassin, incluant les priorités d’intervention, les investissements, les mécanismes de financement et le suivi. Il visera également à assurer la convergence entre les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement et de l’aménagement du territoire.
Optimisation des Ressources en Eau dans l’Agriculture
Le secteur agricole est au cœur de plusieurs mesures. Le programme souligne que le stock des barrages dépasse 11,1 milliards de m³, avec un taux de remplissage de 65,7% début octobre 2026, contre 32,1% à la même période l’année précédente. Ce gain nécessite une meilleure exploitation de la ressource, avec une généralisation de l’irrigation localisée.
Le gouvernement prévoit un programme couvrant 350.000 hectares, visant à atteindre environ 1,2 million d’hectares en irrigation économe, soit près de 70% des superficies irriguées du pays. Une comptabilité hydrique précise sera mise en place, avec la généralisation des compteurs et l’établissement de contrats de nappe pour le secteur agricole.
Des révisions du code des investissements agricoles sont également prévues, liant les aides publiques et les incitations à des critères d’efficience hydrique. Un zonage agricole basé sur une carte nationale des vocations orientera les cultures selon le sol, le climat et les ressources en eau de chaque zone. Le gouvernement adoptera enfin un nouvel indicateur, remplaçant la logique des hectares et des tonnes par la valeur ajoutée par mètre cube d’eau et par emploi. Le soutien au pompage solaire sera encouragé pour réduire les coûts énergétiques liés à l’irrigation dans les zones dépendant des puits et des forages.
Accès à l’Eau en Milieu Rural
Le programme inclut également un volet dédié à l’eau en milieu rural, visant à fournir de l’eau potable aux douars non raccordés, installer des fontaines publiques et des branchements individuels dans les centres, ainsi qu’à réparer les points d’eau existants.
L’extension de l’assainissement liquide dans les centres ruraux est aussi prévue, avec environ 1.000 points d’eau à établir en zones pastorales, en lien avec la reconstitution du cheptel national. Les écoles ne sont pas en reste, avec un engagement à généraliser l’accès à l’eau potable et à des sanitaires adaptés dans tous les établissements scolaires d’ici 2031.