Escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran dans le détroit d’Ormuz
Pour la première fois depuis la fin juillet, les forces américaines ont mené des bombardements contre deux lanceurs iraniens de roquettes situés sur l’île de Larak, un point stratégique du détroit d’Ormuz.
En réponse, Téhéran a riposté en lançant des missiles et des drones sur des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré que son pays ne souhaitait pas la poursuite de la guerre.
Alors que le conflit entre dans son septième mois et que les négociations stagnent, cette intensification des hostilités a suscité des inquiétudes sur les marchés. Les prix du pétrole ont de nouveau grimpé, le baril de Brent franchissant le seuil symbolique des 90 dollars.
Le président américain a averti : « Il y aura une réponse » et « nous allons les frapper fort », selon des propos rapportés par la chaîne Fox News. De son côté, le président iranien a insisté sur le fait que la poursuite du conflit n’est « ni dans l’intérêt de Téhéran ni dans celui de la région », affirmant vouloir œuvrer pour un accord.
Une escalade dangereuse
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l’attaque contre Larak a été justifiée par l’observation des Gardiens de la Révolution, qui se préparaient à lancer des roquettes chargées de mines marines à Ormuz.
Les médias iraniens rapportent trois morts et sept blessés suite à ces frappes. La Jordanie, ciblée par des représailles, a annoncé avoir intercepté huit missiles dans son espace aérien. Les Émirats ont également détecté un drone, qualifiant la situation d’escalade dangereuse.
Les forces iraniennes ont mis en garde les pays voisins contre une riposte bien plus forte en cas de nouvelle agression de Washington. Les Gardiens ont aussi revendiqué l’abattage de deux drones américains au-dessus du détroit d’Ormuz.
Un tanker a également été touché par trois projectiles inconnus alors qu’il traversait le détroit, selon l’agence maritime britannique UKMTO. Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, malgré quelques tirs sporadiques.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au cœur du conflit, Téhéran verrouillant l’accès depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février.
Protéger la circulation maritime
En réponse, les États-Unis ont instauré un blocus des ports iraniens et se disent prêts à « protéger la libre circulation des échanges commerciaux ». Centcom a annoncé avoir achevé le déminage des voies de navigation internationales.
Cependant, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu’un « superpétrolier voyou » avait heurté deux mines navales lors d’une tentative « illégale » de franchir le détroit, une déclaration que le Centcom a qualifiée de désinformation.
Les négociations pour mettre fin au conflit stagnent, un protocole d’accord signé mi-juin ayant été abandonné le mois suivant. Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, « la solution est claire et simple : les États-Unis doivent respecter leurs engagements ».
Face à ce conflit impopulaire et à l’approche des élections de mi-mandat, l’administration Trump mise sur la guerre économique contre l’Iran, déjà soumis à des sancions internationales. Le ministre des Finances, Scott Bessent, a insisté sur le fait que les États-Unis continueront à faire pression sur Téhéran.