Un déficit commercial en forte augmentation
Le déficit commercial du Maroc a connu une nette aggravation au premier semestre 2026, atteignant 198,38 milliards de dirhams (MMDH) à fin juin. Ce chiffre représente une hausse significative par rapport aux 160,58 MMDH enregistrés l’année précédente, soit une augmentation de 23,5%, selon les dernières données de l’Office des changes concernant les échanges extérieurs.
Une hausse des importations
Cette évolution est principalement due à une augmentation des importations qui dépasse de loin celle des exportations. En effet, les importations ont atteint 458,77 MMDH, enregistrant une hausse de 15,3%, tandis que les exportations ont crû de 9,7% pour atteindre 260,39 MMDH. Ce déséquilibre se traduit par un recul de 2,8 points du taux de couverture des importations par les exportations, qui se fixe à 56,8%, un niveau le plus bas depuis 2018.
Une dynamique économique en mutation
Ce creusement du déficit ne révèle pas uniquement une faiblesse des exportations, mais également une économie marocaine qui voit ses besoins d’importation s’élargir. Cela concerne non seulement les biens de consommation, mais aussi les biens d’équipement. Les importations des produits finis d’équipement ont enregistré une hausse remarquable de 21,2%, atteignant 112,34 MMDH. Cette dynamique est le reflet d’une activité économique et d’un investissement en plein essor.
Impact de l’énergie sur le déficit
Les importations d’énergie et de lubrifiants ont également pesé lourd dans la balance commerciale, avec une hausse de 28,9% pour atteindre 68,58 MMDH. Cette augmentation est en grande partie attribuée à la hausse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, le Maroc subit des répercussions directes sur sa facture énergétique.
Une demande intérieure soutenue
Les produits finis de consommation ont également connu une tendance haussière, avec des importations dépassant 111 MMDH, en hausse de 14,2%. Cette demande est notamment portée par l’augmentation des achats de voitures de tourisme, qui a crû de 18,1%, ainsi que des médicaments et autres produits pharmaceutiques. Cela illustre une demande intérieure robuste, mais qui ne se traduit pas nécessairement par un soutien à la production nationale.
Les secteurs porteurs : automobile et aéronautique
Malgré la montée des importations, les exportations affichent une bonne performance, notamment dans le secteur automobile, qui représente 93,65 MMDH, en hausse de 17,4%. L’aéronautique suit également cette tendance, avec des exportations atteignant 17,32 MMDH, en hausse de 19,3%. Ces résultats témoignent de la montée en puissance des écosystèmes industriels marocains.
Défis et perspectives d’avenir
La baisse du taux de couverture à 56,8% souligne le déséquilibre entre les importations et les exportations. Cependant, il est essentiel de considérer la structure des achats. L’augmentation des biens d’équipement indique une phase d’investissement et de renforcement des capacités productives. Le Maroc devra désormais se concentrer sur la transformation de cette hausse des importations, notamment celles liées à l’investissement, en capacités productives et exportatrices supplémentaires.