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Algérie : La fuite d’un conseiller de Tebboune à Genève révèle la lutte entre El Mouradia et l’armée

Par Martin Neuville · Publie le 26 octobre 2026 · 4 min de lecture

Un Voyage Étrange d’Abdelatif Belkaïm

Les événements entourant le déplacement d’Abdelatif Belkaïm, chargé de mission à la présidence de la République algérienne, sont révélateurs d’une situation politique complexe. Le samedi 24 octobre, Belkaïm prend un vol Air Algérie AH2046 à destination de Genève, avant de revenir le même jour par le vol AH2047. Selon le journaliste Abdou Semmar, il ne passe que deux heures à Genève, où il rencontre un homme d’affaires, Rafaa Tchouka, impliqué dans l’affaire Bencheikh.

Des Révélations Choc sur les Réseaux Sociaux

L’affaire a été mise en lumière par Saïd Bensedira, qui a partagé des photos et des références de vol sur sa chaîne Flash News TV. Les images montrent Belkaïm avec une valise, utilisant un escalator et discutant avec Tchouka au téléphone. Abdou Semmar a également approfondi cette affaire dans plusieurs émissions, soulignant que le déplacement n’avait ni ordre de mission ni motif professionnel et que les services de renseignement n’avaient pas été informés.

Un Profil Élevé et une Situation Préoccupante

Le parcours de Belkaïm accentue la gravité de cet incident. Ancien journaliste et pilier de la campagne d’Abdelmadjid Tebboune en 2019, il occupe actuellement un rôle clé dans la direction générale de la communication. Semmar le considère comme l’un des « cinq ou six conseillers les plus influents » du président. La réputation de son interlocuteur, Tchouka, renforce encore les inquiétudes. Ce dernier est lié à l’affaire Farid Bencheikh, qui fait l’objet d’une enquête militaire pour haute trahison et espionnage.

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Un Mystère de Communication

L’échange de dix-sept minutes entre Belkaïm et Tchouka reste inconnu. Ni Belkaïm ni la présidence n’ont fait de déclarations publiques à ce sujet. La question centrale demeure : pourquoi un proche collaborateur du président se rend-il en Suisse pour rencontrer un homme sous enquête militaire ? Ce fait soulève des interrogations quant à la transparence et l’éthique au sein des institutions.

Une Affaire aux Enjeux Politiques Élevés

L’affaire Bencheikh n’est pas un simple dossier judiciaire. Elle révèle des luttes de pouvoir au sein des institutions algériennes. Bencheikh a affirmé avoir agi sous l’instruction de la présidence et a cité l’ancien directeur de cabinet, Boualem Boualem, décédé. Selon Semmar, les photos de Genève témoignent d’une « complicité au plus haut sommet du clan Tebboune« .

Des Signaux d’Alerte pour le Régime Algérien

La fuite des informations est également significative. Semmar suggère que Belkaïm n’aurait pas pu voyager sans l’accord de Tebboune et que les services auraient surveillé son déplacement. Les photos, transmises à Bensedira, semblent avoir été conçues pour provoquer un scandale public, forçant ainsi la présidence à agir.

Une Division au Sein de l’État Algérien

Cet incident ne doit pas être perçu comme une simple anecdote. Les purges au sein de l’appareil sécuritaire algérien se sont intensifiées ces dernières années, et le voyage à Genève met en lumière une tension latente entre le clan présidentiel et l’armée. Pour la première fois, une image se dessine, montrant un homme de la présidence en contact direct avec une figure controversée.

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Une Coïncidence Troublante

Le timing du voyage est également troublant. Il coïncide avec une session parlementaire exceptionnelle où a été autorisé l’envoi de troupes au Niger. Alors que l’armée prend une place prépondérante dans la gestion du pays, la présidence se voit exposée par des fuites internes.

Les Conséquences à Anticiper

Les répercussions de cette affaire sont incertaines. La sécurité militaire pourrait convoquer Belkaïm, entraînant un conflit public entre El Mouradia et l’état-major, ou bien rien ne se passerait, laissant à penser que la présidence est suffisamment forte pour protéger ses membres. Dans les deux cas, cette situation illustre une fracture au sein du régime algérien, mettant en lumière une dynamique de pouvoir complexe.

À Alger, l’État est souvent accusé de vouloir diviser le pays. Cependant, il aura suffi de deux heures à Genève pour démontrer que la division est déjà bien ancrée à l’intérieur.