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Economie

Budget : Le Coût Élevé des Hydrocarbures

Par Laura Tournon · Publie le 28 octobre 2026 · 4 min de lecture

Le Maroc face à un défi économique majeur

Le Maroc est confronté à une équation économique complexe, où le dynamisme de la transition énergétique se heurte à la réalité des marchés mondiaux. Malgré la progression des filières solaires et éoliennes, le pays endure une forte pression due à l’augmentation des hydrocarbures importés. Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, la facture énergétique nationale devrait grimper de 28,4% d’ici 2026, atteignant un montant record de 138,1 milliards de dirhams. Cette augmentation significative accentue la tension sur les équilibres extérieurs, entraînant un déficit du compte courant de 4,6% du PIB, comme l’indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Analyse des flux commerciaux

L’examen des flux commerciaux met en lumière que cette dégradation des comptes extérieurs est principalement due à un choc sur les cours internationaux et les coûts logistiques, plutôt qu’à une hausse de la consommation. Les importations de gasoil et de fuel sont restées stables à 5,5 millions de tonnes, illustrant l’impact dévastateur des prix sur une économie qui dépend encore à 88% des énergies fossiles. Cette vulnérabilité se répercute rapidement sur l’ensemble du tissu économique, où la hausse des coûts de transport et de production pèse lourdement sur la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.

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Les défis de l’électricité verte

Ce paradoxe s’explique en grande partie par la nature de l’électricité verte produite, qui ne répond pas directement aux besoins des secteurs les plus consommateurs de produits pétroliers. Bien que les énergies renouvelables représentent près de la moitié de la capacité électrique installée, le réseau actuel ne permet pas de substituer immédiatement l’énergie solaire aux carburants fossiles nécessaires aux transports ou à l’industrie. Installer des équipements solaires n’implique pas nécessairement une réduction immédiate de la consommation de carburant fossile dans le parc roulant ou les machines industrielles, comme le souligne Challenge.

Accélération de l’électrification

Pour surmonter ces défis, les experts s’accordent sur la nécessité d’accélérer l’électrification des usages à travers tout le Royaume. Cette transformation nécessitera un passage massif du transport de marchandises vers le ferroviaire, le développement de flottes électriques et la modernisation des équipements industriels. Parallèlement, il est essentiel de renforcer les infrastructures de réseau, d’améliorer les capacités de stockage et d’adopter des mesures d’efficacité énergétique afin d’absorber la production renouvelable et de stabiliser le système.

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Vers une transition réussie

La réussite de la transition énergétique marocaine ne se mesure pas uniquement à l’augmentation des capacités installées, mais également à la diminution durable des volumes d’énergies fossiles importées. Bien qu’une légère détente de la facture énergétique soit anticipée pour 2027 en raison d’une accalmie des cours mondiaux, la véritable rupture structurelle ne se produira qu’à l’horizon 2030. C’est dans ce cadre que la croissance économique nationale pourra se poursuivre sans être entravée par les fluctuations du prix du baril.

Un impératif de souveraineté et de compétitivité

La maîtrise de la facture énergétique va au-delà du simple cadre environnemental pour devenir un impératif de souveraineté et de compétitivité. Le Maroc possède des amortisseurs solides, tels que des réserves de change confortables et une vitalité des exportations, mais la vulnérabilité globale demeure. L’enjeu stratégique des années à venir réside donc dans la capacité du pays à convertir son potentiel solaire et éolien en économies réelles sur ses achats à l’étranger.