Mobilisation à New Delhi : La Révolte des Cafards
Le centre de la capitale indienne, New Delhi, demeure verrouillé pour la troisième journée consécutive, avec des dizaines de milliers de policiers déployés. Cette mesure de sécurité vise à anticiper une nouvelle manifestation contre la révision controversée des listes électorales, qualifiée de frauduleuse par de nombreux opposants. À la tête de cette contestation, le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, a invité ses partisans à se rassembler dans l’après-midi devant la Cour suprême pour exiger la démission du président de la commission électorale.
Appel à la Défense de la Démocratie
« Que tous ceux qui croient en la démocratie et qui veulent la défendre nous rejoignent (…) ces couards (du gouvernement, NDLR) ne peuvent rien contre nous », a déclaré l’élu du parti du Congrès. Tout au long du week-end, les rues du centre de la ville ont été barricadées, la circulation a été interdite, les transports en commun suspendus, et l’accès à l’internet mobile bloqué pour prévenir le rassemblement des manifestants, surnommés les « cafards« .
Le Parti du Peuple des Cafards (CJP)
Né au printemps, le Parti du peuple des cafards (CJP) a été fondé en ligne pour rassembler la colère des étudiants contre le système éducatif. Depuis sa création, il a évolué pour devenir un mouvement de contestation face aux politiques du Premier ministre Narendra Modi, considéré comme ultranationaliste hindou.
Arrestations Préventives et Répression
Les forces de sécurité ont procédé à un grand nombre d’arrestations préventives durant le week-end, avec un bilan estimé à au moins 20 000 interpellations selon les médias locaux. La police a arrêté les trois principaux dirigeants du CJP, dont son fondateur Abhijeet Dipke.
Relâchés après vingt-quatre heures, ces jeunes leaders n’ont pas hésité à critiquer le gouvernement. M. Dipke a exprimé son indignation sur X, affirmant : « Modi fait honte à l’Inde », ajoutant que le pays n’a jamais connu « pire couard et pire brute ».
Un Combat pour les Libertés Démocratiques
À l’instar de l’opposition parlementaire, qui dénonce la dictature du pouvoir, les « cafards » ont promis de maintenir la pression jusqu’au départ du président de la commission, Gyanesh Kumar. De nombreux élus et manifestants ont dénoncé la violence des forces de l’ordre. Le député John Brittas, membre du Parti communiste d’Inde, a affirmé avoir été victime d’agressions policières, soulignant : « Ce n’est pas juste une attaque contre un élu, c’est une attaque contre les libertés démocratiques et l’État de droit ».
Réaction de la Cour Suprême
La Cour suprême, saisie en urgence, a rappelé dimanche au gouvernement l’importance du respect de la loi. Depuis plusieurs semaines, l’opposition et les « cafards » s’opposent à la révision des listes électorales, qui a entraîné la radiation de 130 millions d’inscrits, selon les médias.
Controverses autour de la Révision Électorale
Initiée l’an dernier, cette révision visait à éliminer les doublons, les personnes décédées et les fraudeurs, selon les autorités électorales. Néanmoins, ses détracteurs l’accusent de cibler en priorité les minorités, particulièrement les musulmans, ainsi que les populations vulnérables, favorisant ainsi le Bharatiya Janata Party (BJP) de M. Modi. Cela soulève des doutes quant à la légitimité de plusieurs de ses victoires lors d’élections locales. La commission électorale et son président ont nié toute irrégularité dans le processus.