Les Négociations à New York : Une Opportunité pour Téhéran
Selon la télévision d’État iranienne Irib, Téhéran a saisi l’occasion des discussions à New York pour exprimer ses conditions en vue de la réouverture du détroit d’Ormuz. Cette voie maritime stratégique, presque fermée depuis plusieurs mois, perturbe considérablement les marchés énergétiques mondiaux.
Les Paroles de Donald Trump à l’ONU
«J’ai une grande décision à prendre : un accord sera-t-il conclu avec l’Iran ?», a déclaré le président américain devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il a ajouté : «Ou est-ce que j’anéantis la République islamique (…) ? Est-ce que je les envoie en enfer ?»
Une Issue Diplomatique Évoquée
Donald Trump a rapidement ouvert la porte à une issue diplomatique, exprimant sa croyance en la possibilité d’un accord, qu’il a envisagé après les élections américaines de mi-mandat en novembre. Il a accusé Téhéran d’attendre le résultat de ce scrutin avant de prendre une décision.
Des Discussions Renouvelées
Lors d’une conférence de presse aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, le républicain a révélé que des discussions avaient repris entre Washington et Téhéran, les premières depuis la rupture du processus diplomatique en juin.
«C’est une rencontre qui a duré trois heures», a-t-il déclaré, qualifiant la réunion de «très bonne» et annonçant qu’une autre discussion était prévue «dans un futur très proche». Selon Trump, son émissaire Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner ont participé aux échanges avec la partie iranienne.
Des Discussions par Médiateurs
Steve Witkoff a ensuite précisé que les discussions avaient été menées par l’intermédiaire de médiateurs. «Nous avons mené de longues discussions avec la délégation iranienne par l’intermédiaire des médiateurs», a-t-il écrit sur X.
Les médiateurs, qui «ont fait la navette entre les deux parties tout au long de la journée», ont permis de mener à bien «un cycle de discussions que nous espérons constructif et prometteur», a-t-il ajouté. Cette présentation confirme donc des échanges approfondis, mais laisse planer une ambiguïté sur leur caractère directement bilatéral. La Maison-Blanche a ensuite précisé que Donald Trump lui-même n’avait pas participé aux discussions.
Conditions de Téhéran pour la Réouverture
Côté iranien, la télévision d’État a rapporté que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait rencontré Steve Witkoff. Téhéran aurait transmis trois conditions principales pour rouvrir le détroit d’Ormuz : la levée du blocus naval américain, le déblocage rapide des avoirs iraniens gelés à l’étranger, et la fin des hostilités sur l’ensemble des fronts régionaux.
Quelques heures auparavant, un haut responsable iranien avait déjà indiqué à Reuters que l’Iran pourrait rouvrir Ormuz dans un délai de sept jours si Washington réduisait sa pression militaire et levait le blocus imposé aux ports iraniens.
Promesses de Négociations et Menaces
Le passage de Donald Trump à l’ONU a été marqué par une alternance entre promesses de négociations et menaces militaires. «Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix», a-t-il affirmé, tout en défendant sa politique étrangère alors que la guerre avec l’Iran approche de son septième mois.
Il a également vanté l’opération militaire ayant conduit à la capture, début janvier, du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, ainsi que les accords énergétiques conclus entre Washington et Caracas. Trump a rencontré en soirée la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, en marge de l’Assemblée générale, marquant leur première rencontre depuis la capture de Maduro.
Accord de Sécurité pour le Groenland
Sur un autre dossier sensible, le président américain a signé un nouvel accord de sécurité concernant le Groenland avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Cet accord renforce la présence militaire américaine dans l’Arctique tout en reconnaissant explicitement la souveraineté du Royaume du Danemark et le droit du Groenland à l’autodétermination, loin du projet initial de Trump d’acquérir le territoire.
Perspectives de Paix en Ukraine
Enfin, Donald Trump a assuré qu’un accord permettant de mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine était «plus proche qu’on ne pense», sans fournir davantage de détails. Son discours, à la fois offensif envers l’Iran mais ponctué d’ouvertures diplomatiques, résume le paradoxe de cette journée à New York : alors que le président américain brandissait la menace de destruction de la République islamique, ses émissaires tentaient de reconstruire un canal de négociation avec Téhéran.