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En Arménie, la COP 17 : une clôture jugée « pas à la hauteur des enjeux » environnementaux

Par Martin Neuville · Publie le 31 octobre 2026 · 5 min de lecture

Des Avancées à la COP17 sur la Biodiversité en Arménie

Le monde entier a convergé dans la nuit de vendredi à samedi vers des textes clés pour protéger la nature lors de la COP17 sur la biodiversité en Arménie. Ces deux semaines de négociations intenses ont mis en lumière des divergences persistantes sur des questions délicates.

Une Adoption Saluée par les Délégués

Des applaudissements ont retenti peu après l’ouverture nocturne de la session finale lorsque le ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, a annoncé l’adoption de deux textes importants ayant fait l’objet de compromis. «Et voilà. Parfait», a-t-il déclaré, visiblement soulagé. Les détails des décisions prises par près de 200 États n’étaient pas immédiatement disponibles.

Des Débats Animés et des Compromis Arrachés

Par la suite, l’enthousiasme initial a cédé la place à des débats parfois acrimonieux, avec des compromis obtenus après de nombreux échanges et des avancées limitées sur certains sujets. La COP17 a pris fin vers 10H00 (06H00 GMT), alors que de nombreux délégués avaient déjà quitté la salle.

Un Examen Mondial de l’Accord de Kunming-Montréal

Le premier texte adopté représente un «examen mondial» de l’accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022, considéré comme l’équivalent de l’Accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe 23 objectifs à atteindre d’ici 2030, incluant la protection de 30 % des terres et des océans, la lutte contre la pollution, ainsi que la restauration des écosystèmes dégradés. Cependant, la majorité de ces objectifs accusent un retard significatif.

Un Accord Ne Suffisant Pas à Élever les Enjeux

Le texte adopté à la COP17 a pour but de remettre les États sur la bonne voie. «Bien que (le texte) ne soit ni particulièrement exaltant ni détaillé, le simple fait que les pays aient pu trouver un accord est une bonne nouvelle», a déclaré Catherine Weller, de l’ONG Fauna et Flora.

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Appel à Accélérer les Efforts

Un document de travail a appelé les pays à «accélérer» leurs efforts, soulignant la nécessité d’un «renforcement des mesures» pour s’attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité. Plusieurs formulations ont été utilisées pour exprimer cette nécessité.

Les Subventions et Incitations à Débat

La question des subventions et des autres incitations nuisibles à la nature, comme l’exploitation pétrolière, a suscité des discussions animées. «Même si la décision finale le dit en des termes assez faibles, un élan politique important s’est fait sentir sur le sujet des incitations financières néfastes, y compris sur les subventions», a souligné An Lambrechts, de Greenpeace International.

Les Défis du Financement des Objectifs

Le deuxième texte adopté aborde la question du financement, soulevant la problématique de qui doit payer pour atteindre les objectifs financiers fixés pour 2030. Ce sujet devient particulièrement sensible alors que les finances publiques sont en difficulté à l’échelle mondiale.

Appel à l’Élargissement des Contributeurs

L’Union européenne a tenté de convaincre les grands pays émergents, notamment la Chine, de rejoindre la liste officielle des donateurs, qui n’a pas été mise à jour depuis 2006. Un document de travail proposait que des États puissent se manifester volontairement pour être inclus dans cette liste.

Un Bilan Mitigé pour la COP17

«Les discussions sur l’élargissement de la base des pays contributeurs progressent et devront se poursuivre», a noté la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut. Néanmoins, elle a exprimé que le bilan de la COP17 n’est «pas à la hauteur des enjeux».

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Des Occasions Manquées

«Les avancées que nous n’avons pas réussi à obtenir ici sont autant d’occasions manquées d’accélérer notre réponse à la disparition de la biodiversité», a-t-elle affirmé. Les efforts visant à raviver le «Fonds Cali», un mécanisme des Nations unies pour faire payer les entreprises exploitant des données génétiques d’organismes, se sont révélés difficiles.

Tensions sur les Bases Scientifiques

«En renvoyant à (2028) des décisions essentielles sur son fonctionnement, les parties ont pratiquement fait en sorte que le fonds reste vide d’ici là», a déploré Pakhi Das de l’ONG Plant-for-the-Planet. Le sommet a également été marqué par de fortes tensions autour des bases scientifiques éclairant les politiques mondiales de protection de la nature, plusieurs pays étant accusés de chercher à les affaiblir.

La Voix des Pays en Développement

Au nom de 56 pays, la représentante suisse, Gabriela Blatter, a exprimé son mécontentement face à la remise en question des données scientifiques lors des négociations. «Nous regrettons la multiplication des situations où les données scientifiques sont entravées», a-t-elle déclaré.

Des Tactiques d’Obstruction dans les Négociations

Cette COP a clairement montré que des tactiques d’obstruction observées lors des discussions sur le climat se sont également introduites dans les négociations sur la biodiversité, selon Alfred DeGemmis de la Wildlife Conservation Society. À Erevan, les représentants des États ont décidé que l’Équateur accueillera la prochaine COP sur la biodiversité en 2028.