Une crise politique en Suède : les tractations pour former un gouvernement se poursuivent
Plus d’un mois après les élections en Suède, remportées de justesse par la gauche, les discussions pour former un nouveau gouvernement avancent lentement. Lundi, le président du parlement, Andreas Norlén, a désigné Elisabeth Thand Ringqvist, cheffe des centristes, pour explorer les possibilités de création d’un gouvernement au centre de l’échiquier politique. Au cours du week-end, Norlén a rencontré les dirigeants des huit formations politiques du pays afin de sortir de l’impasse actuelle.
Les missions d’Elisabeth Thand Ringqvist
« Cela m’a conduit à demander à Elisabeth Thand Ringqvist d’évaluer les conditions nécessaires à la formation d’un gouvernement susceptible d’être accepté par le Parlement », a indiqué Norlén lors d’une conférence de presse. L’objectif principal de cette mission est d’étudier les modalités permettant de créer une constellation politique capable de gouverner efficacement.
Jag är ödmjuk inför att ha fått talmannens uppdrag att sondera möjligheterna till en regering i mitten. Min ambition är att bidra till en lösning på regeringsfrågan, inte att själv bli statsminister. Centerpartiet vill se en handlingskraftig regering som skapar fler jobb, minskar…
— Elisabeth Thand Ringqvist (@elisabethtr) October 19, 2026
Une échéance à respecter
Elisabeth Thand Ringqvist doit remettre ses conclusions au président du parlement d’ici le 26 octobre. Depuis les législatives du 13 septembre, la Suède traverse une période politique tumultueuse. Magdalena Andersson, leader des sociaux-démocrates et ancienne Première ministre, a tenté à deux reprises de former un gouvernement sans succès.
Les tensions au sein des blocs politiques
Au sein de son bloc, qui compte 176 sièges au parlement contre 173 pour la droite, des tensions se font sentir. Le parti de gauche exige des postes ministériels pour apporter son soutien, tandis que les centristes refusent de s’allier avec cette formation. Cette situation complique la recherche d’un consensus.
Une impatience croissante parmi les électeurs
« Il y a une grande impatience », a déclaré Henrik Ekengren Oscarsson, professeur en sciences politiques à l’université de Göteborg, soulignant que les électeurs souhaitent que « le processus avance à un rythme soutenu ». Pour tenter de déverrouiller la situation, le président du parlement peut proposer un candidat à un vote des députés afin de déterminer s’il peut devenir Premier ministre.
BREAKING: Swedish speaker of parliament Andréas Norlén (M) gives Centerpartiet leader Elisabeth Thand-Ringqvist the task of trying to form a new government. Reason is that C keeps pushing for a govt that can cooperate broadly in the centre — which no one else really wants. This…
— Nassreddin 🍉 نصر الدين (@Nassreddin2002) October 19, 2026
Vers une éventuelle nouvelle élection ?
Andreas Norlén dispose de quatre tentatives pour désigner un candidat. Si la dernière échoue, des nouvelles élections seront convoquées. Cette possibilité a déjà été mise à l’épreuve avec la candidature de Magdalena Andersson, largement rejetée par le parlement, comme prévu.
Une ouverture vers la droite
Dans une interview avec l’AFP, Elisabeth Thand Ringqvist a exprimé son ouverture à l’idée d’un gouvernement impliquant certains partis du bloc de droite. La Suède a déjà connu des blocages politiques similaires, nécessitant 37 jours pour former un gouvernement après les législatives de 2022 et 134 jours en 2018.