vendredi 2 octobre 2026
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Economie

Flambée des prix des carburants : l’allègement fiscal comme solution efficace

Par Laura Tournon · Publie le 2 octobre 2026 · 4 min de lecture

Une flambée des prix des carburants au Maroc

La hausse des prix des carburants au Maroc est à nouveau au centre des préoccupations économiques et sociales. Avec le litre qui dépasse déjà la barre des quinze dirhams, la possibilité d’une nouvelle augmentation suscite de vives inquiétudes. Cette situation alarmante découle d’une combinaison de facteurs géopolitiques internationaux et de vulnérabilités structurelles nationales, plaçant le gouvernement marocain devant un dilemme délicat entre exigences budgétaires et besoins sociaux urgents, selon le quotidien Les Inspirations Éco.

Une conjoncture internationale complexe

À l’échelle internationale, les marchés pétroliers font face à des turbulences persistantes qui vont au-delà de la simple volatilité conjoncturelle. D’après Mostafa Labrak, expert en énergie et directeur général d’Energysium Consulting, l’augmentation imminente des prix résulte d’une équation à trois variables. Les décisions de production de l’OPEP+ maintiennent le prix du Brent à des niveaux élevés, atteignant parfois plus de cent sept dollars le baril. À cela s’ajoute une tension marquée sur les produits raffinés, notamment le diesel, dont la disponibilité mondiale est affectée par des arrêts techniques et les conséquences des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Enfin, la pression saisonnière combinée aux besoins agricoles et à la constitution de stocks de fioul pour l’hiver accentue le déséquilibre d’un marché dont les stocks internationaux demeurent inférieurs aux moyennes historiques.

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Les défis structurels du raffinage

La tension sur le raffinage présente une dimension structurelle profonde, comme l’indique Abdesslam Kably, expert senior en finance et économie. La fermeture de nombreuses unités en Europe au cours des dernières décennies, ainsi que la contraction globale des capacités de production, pèsent lourdement sur les pays importateurs. Pour le Maroc, cette réalité géostratégique est encore accentuée par l’arrêt de la raffinerie de Mohammedia, la Samir, en deux mille quinze.

Une dépendance énergétique alarmante

Depuis cet arrêt, le Royaume importe l’intégralité de sa consommation en produits pétroliers, subissant ainsi les fluctuations des marchés internationaux. En 2021, la facture énergétique nationale a atteint cent sept virgule six milliards de dirhams, avec un taux de dépendance frôlant les quatre-vingt-sept pour cent.

Des conséquences économiques étendues

Les répercussions de cette dépendance dépassent largement le cadre du simple budget automobile des ménages. Une éventuelle hausse du gasoil à vingt dirhams le litre représenterait un coût supplémentaire considérable pour l’économie nationale. Le secteur du transport, qui absorbe plus d’un tiers de la consommation énergétique finale, agit comme un vecteur de transmission vers l’ensemble des chaînes de valeur. L’agriculture, à travers les besoins en irrigation et en pompage, ainsi que la pêche maritime, le bâtiment et la distribution alimentaire, subissent également cette inflation des coûts de production. Le secteur du tourisme est également menacé, mettant en péril la compétitivité globale de la destination marocaine. Parallèlement, la situation des approvisionnements reste un sujet d’inquiétude, comme l’ont montré les récents aléas climatiques ayant perturbé le déchargement portuaire et mis en lumière la vulnérabilité des stocks de sécurité.

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Vers un allègement fiscal temporaire ?

Face à cette situation économique préoccupante, la question d’un allègement temporaire de la pression fiscale devient un sujet de débat public pressant. La Taxe intérieure de consommation, qui représente une part significative du prix au litre, pourrait faire l’objet d’une réduction transitoire, souvent envisagée comme un possible amortisseur. De nombreux pays à travers le monde ont déjà utilisé des leviers similaires, combinant baisses de taxes, soutien au pouvoir d’achat et sécurisation des flux d’importation pour faire face aux crises énergétiques.

Un équilibre délicat à trouver

Pour les pouvoirs publics marocains, le défi actuel consiste à trouver un équilibre entre la préservation de l’équilibre budgétaire de l’État et la nécessité de protéger le niveau de vie des citoyens. Alors que la transition énergétique avance encore lentement pour impacter significativement la consommation d’hydrocarbures, l’atténuation de ce choc inflationniste se positionne comme l’un des enjeux les plus urgents de la rentrée économique.