Réunions du G20 à Milwaukee : enjeux et perspectives
Cette année, Washington a pris en charge l’organisation d’une série de réunions du G20, rassemblant les grandes économies mondiales telles que la Chine, l’Inde, le Japon, la France et la Russie.
Un cadre pour des discussions commerciales
La rencontre, axée sur les questions commerciales, se déroulera sur deux jours dans la ville de Milwaukee, située dans le Wisconsin, près de la frontière canadienne. Cette région a été l’une des cibles privilégiées de la guerre commerciale initiée par le président Donald Trump.
Attentes limitées des analystes
Les analystes prévoient que cet événement ne donnera lieu à aucune avancée significative. Les droits de douane instaurés par Trump ont engendré des tensions avec d’autres nations, et la Chine conteste les accusations de surcapacités qui favorisent ses exportations tout en tirant les prix mondiaux vers le bas. «Il ne faut pas s’attendre à des percées à Milwaukee», a affirmé Josh Lipsky, membre du groupe de réflexion Atlantic Council, soulignant la préférence de Trump pour les négociations bilatérales.
Les préoccupations des partenaires du G20
Les pays partenaires du G20 chercheront des moyens de collaborer avec la première économie mondiale. Cependant, comme le note Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute, «ils seront aussi soucieux d’exprimer leurs inquiétudes concernant les droits de douane».
La position américaine sur le commerce
Lors d’une table ronde à Milwaukee, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a insisté sur le fait que la politique commerciale des États-Unis «n’était pas anti-commerce». Depuis son retour au pouvoir, Trump a engagé une offensive protectionniste, augmentant les droits de douane sur les produits importés.
Les enjeux juridiques et économiques des droits de douane
En février, la Cour suprême a annulé les surtaxes généralisées imposées à l’échelle mondiale, mais les droits de douane sectoriels touchant l’automobile, l’acier et le bois de construction demeurent en vigueur. L’exécutif américain a également introduit une nouvelle taxe de 10 % à 12,5 % contre une soixantaine de partenaires commerciaux jugés insuffisamment engagés dans la lutte contre le travail forcé, incluant des pays comme la Chine, l’Inde et l’Union européenne.
Les tensions autour des surcapacités industrielles
La menace de nouveaux droits de douane, liés aux «surcapacités industrielles», reste présente. Cette expression fait généralement référence à la concurrence chinoise, mais les États-Unis pointent également du doigt l’UE, le Japon et la Corée du Sud. Wendy Cutler prévoit que certains pays, se sentant «injustement ciblés», «ne mâcheront pas leurs mots» lors de ces discussions.
Une vision collective face à la politique commerciale américaine
Dans un contexte plus large, Josh Lipsky souligne que les membres du G20 «se demandent jusqu’où ils doivent composer avec le gouvernement Trump, étant donné que la politique commerciale pourrait changer aux États-Unis après 2028», à l’approche de la fin du mandat de Trump.
Les voix des travailleurs en marge des négociations
En parallèle des discussions du G20, des travailleurs et des militants ont critiqué l’exécutif américain pour ne pas avoir amélioré, comme promis, la situation des travailleurs, des agriculteurs et des petites entreprises. John Drew, responsable du syndicat United Auto Workers dans le Wisconsin, a exprimé ses préoccupations concernant la perte d’emplois industriels dans l’État au fil des décennies, affirmant que «les droits de douane n’ont rien fait pour ramener les emplois et rebâtir la production industrielle».