Les funérailles d’Ali Khamenei dans un contexte de reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran
La cérémonie des funérailles d’Ali Khamenei, le guide suprême de l’Iran, s’est déroulée sans la présence visible de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. Les images diffusées par la télévision d’État ont montré le cercueil du défunt transporté dans le sanctuaire de l’imam Reza, le lieu le plus sacré de l’islam chiite en Iran.
Cette cérémonie s’est déroulée à Machhad, ville du nord-est de l’Iran qui abrite ce sanctuaire. Une foule importante était présente malgré la chaleur intense du soleil.
Il est à noter que l’inhumation du guide suprême a eu lieu dans un contexte de reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis, les plus intenses depuis la signature d’un fragile protocole d’accord le 17 juin par les deux parties, formalisant le cessez-le-feu d’avril.
Le contexte international
Le président américain Donald Trump a déclaré cette trêve « terminée » et a vivement critiqué les dirigeants iraniens, les qualifiant de « malades » avec qui il ne veut plus « avoir affaire ». Il a néanmoins laissé la porte ouverte à la poursuite des négociations par son équipe de négociateurs.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré avoir eu une discussion avec le président américain, qui l’a informé des « derniers mouvements » américains dans le Golfe. Selon le Wall Street Journal, le gouvernement israélien a partagé avec Washington une information de ses services de renseignement selon laquelle l’Iran cherche à assassiner Donald Trump.
Les attaques américaines et la riposte iranienne
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont massivement attaqué l’Iran, ciblant selon l’armée environ 90 sites militaires. L’Iran a cependant accusé Washington d’avoir également visé des infrastructures civiles afin de « faire de l’ombre » et d’empêcher les fidèles de se rendre aux funérailles d’Ali Khamenei. Des ponts et la liaison ferroviaire entre Téhéran et Machhad ont été touchés selon Téhéran.
En réponse aux attaques américaines, les forces armées iraniennes ont à nouveau visé les voisins du Golfe : le Koweït, Bahreïn, mais aussi le Qatar, l’un des médiateurs dans les efforts de règlement du conflit. Les sirènes d’alerte ont également retenti en Jordanie, où des missiles ont été interceptés pour la première fois depuis le 11 juin.
Le climat tendu en Iran
Malgré le regain des hostilités, la ferveur des fidèles n’a pas été entamée. De nombreux Iraniens ont fait le déplacement pour les funérailles, après avoir été des millions à Téhéran et à Qom en début de semaine puis dans l’Irak voisin. « Tous les gens ici cherchent à se venger », témoigne Mohammad Afsharian, un commerçant de 41 ans, qui estime que les efforts diplomatiques sont « quasiment enterrés ».
Enfin, l’ennemi de toujours de la République islamique, Israël, par la voix de son ministre de la Défense, Israël Katz, s’est dit prêt jeudi à attaquer l’Iran « une troisième fois si nécessaire » et « plus durement encore ».