samedi 26 septembre 2026
En Direct La Colombie met fin à ses relations diplomatiques avec l’Iran
L'International

La Colombie met fin à ses relations diplomatiques avec l’Iran

Par Martin Neuville · Publie le 26 septembre 2026 · 4 min de lecture

Rupture des relations diplomatiques entre la Colombie et l’Iran

Dans un communiqué diffusé sur X, le ministère colombien des Affaires étrangères annonce la rupture officielle des relations diplomatiques avec la République Islamique d’Iran à partir du 19 septembre 2026. Cette décision s’inscrit dans le cadre des orientations gouvernementales en matière de safety nationale au sein des Amériques. Le gouvernement souligne sa détermination à lutter contre la criminalité transnationale et à protéger la souveraineté du pays.

Accusations envers le gouvernement iranien

La chancellerie colombienne évoque des liens présumés entre le gouvernement iranien et des organisations terroristes internationales, ainsi que des groupes narco-terroristes qui menacent la sécurité de la Colombie. Néanmoins, aucune organisation colombienne n’est spécifiquement mentionnée, et le communiqué ne fournit pas d’éléments concrets pour étayer ces accusations.

Sécurité, nucléaire et liberté de navigation

Les critiques de Bogotá vont au-delà des simples enjeux sécuritaires. Le ministère des Affaires étrangères souligne également des violations des droit humains en Iran ainsi que les entraves aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique, responsable de vérifier le programme nucléaire de Téhéran.

Le contexte de la guerre au Moyen-Orient est également central dans l’argumentaire colombien. Bogotá dénonce les attaques menées par l’Iran contre des pays considérés comme extérieurs au conflit, ainsi que le blocage du détroit d’Ormuz. Ces éléments ont, selon la chancellerie, détérioré la confiance entre les deux gouvernements.

Lire aussi:  Syrie : Formation du Premier Parlement Post-Assad par le Président

Depuis le début du conflit, le trafic maritime dans ce passage stratégique a été considérablement perturbé. Avant la guerre, cette voie transportait environ un cinquième du pétrole mondial, ce qui souligne l’impact international des restrictions de navigation en cours.

De son côté, Téhéran conditionne la réouverture du détroit à une réduction de la pression américaine. Un haut responsable iranien a récemment déclaré à Reuters que le passage pourrait rouvrir dans un délai d’une semaine si Washington allégeait ses sanctions.

Classifications et mesures de sécurité

Dans un communiqué séparé, le gouvernement colombien a également désigné le corps des Gardiens de la Révolution islamique comme une organisation terroriste. Il l’accuse de répression à l’égard de la population iranienne et d’opérations clandestines à l’étranger. Bogotá prévoit de renforcer ses contrôles pour empêcher l’entrée sur son territoire de personnes associées à cette organisation.

La rupture diplomatique ne signifie pas pour autant la fin de tous les liens institutionnels. La Colombie maintient ses relations consulaires avec l’Iran, conformément aux conventions de Vienne de 1961 et 1963. La direction du protocole du ministère devra informer les autorités iraniennes des procédures à suivre.

Lire aussi:  Erdogan réaffirme à Biden l'importance de la "position médiatrice" de la Turquie dans le conflit ukrainien

Un rapprochement avec Washington

Cette décision intervient peu après l’entrée en fonction d’Abelardo de la Espriella, le 7 août, qui bénéficie du soutien de Donald Trump. Le président colombien a amorcé un réajustement des alliances du pays, notamment en rétablissant les relations avec Israël, qui avaient été rompues en 2024 en raison de la guerre à Gaza.

Le 12 août, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé que Bogotá sollicitait une coopération pour des opérations militaires conjointes contre le narcotrafic. Il a également évoqué la participation de la Colombie à une initiative régionale américaine axée sur la lutte contre les cartels de drogue.

Ce rapprochement avec Washington s’est concrétisé par des discussions sur la coopération sécuritaire. Le 8 septembre, lors d’une rencontre à Barranquilla avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, les deux gouvernements ont abordé la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé, ainsi que des possibilités de coopération économique dans les secteurs de l’énergie et du commerce.