Le Maroc renforce sa protection littorale face à l’augmentation du trafic maritime
Face à l’**accroissement** continu du **trafic maritime** le long de ses 3.500 kilomètres de côtes, le Maroc engage une refonte majeure de son dispositif de **protection littorale**. Le ministère de la **Transition énergétique** et du **Développement durable**, à travers sa direction de l’**économie circulaire** et de la **lutte contre la pollution**, a récemment lancé un appel d’offres international pour moderniser le **Plan d’urgence national** contre la **pollution marine accidentelle**. Comme l’indique le quotidien L’Economiste, « Il s’agit d’une démarche essentielle pour mettre à jour un cadre opérationnel dont l’architecture initiale remonte à près de trois décennies. »
Un plan d’urgence obsolète
Établi en 1996 et officialisé par un arrêté du Premier ministre en 2003, ce plan d’urgence avait pour objectif de protéger les façades **atlantique** et **méditerranéenne** des **marées noires** et du déversement de **produits toxiques**. Les années et l’**évolution des flux maritimes** ont toutefois mis en lumière les limites de ce dispositif. Bien que le Royaume ait maintenu une vigilance constante en organisant tous les deux ans des exercices de simulation appelés **Simulex**, les retours d’expérience et les évaluations approfondies de 2012 et 2020 ont révélé plusieurs dysfonctionnements structurels ainsi que des faiblesses réglementaires qu’il est désormais impératif de corriger.
Identifications des lacunes réglementaires
Parmi les principaux constats du département du **Développement durable**, on observe l’absence de **ponts réglementaires** clairs entre les textes fondateurs et les **plans opérationnels**. Cette lacune a entravé jusqu’à présent une mise à jour fluide du dispositif, rendant nécessaire une révision textuelle complexe à chaque ajustement.
Clarification des rôles et responsabilités
Par ailleurs, la répartition des rôles souffrait d’un **chevauchement d’attributions** entre les divers départements ministériels et organismes publics lors d’accidents maritimes. « Les textes existants manquaient également de cadrage précis concernant les stratégies d’intervention directes, telles que l’utilisation des dispersants chimiques ou la gestion spécifique des substances nocives et potentiellement dangereuses », souligne L’Economiste.
Alignement avec les standards internationaux
La révision en cours vise à combler ces **vides juridiques** et techniques tout en alignant le Royaume sur les **standards** de l’**Organisation maritime internationale**. Sous l’impulsion de la direction de la **Marine marchande**, la stratégie nationale aspire à une conformité rigoureuse avec les conventions internationales. Le projet prévoit une restructuration complète de la **Commission nationale de lutte contre la pollution marine accidentelle** pour optimiser son fonctionnement, clarifier les rôles de chaque intervenant institutionnel ou privé, et garantir une coordination efficace en cas de crise.
Des mesures financières et opérationnelles renforcées
Au-delà de la clarification des compétences, cette mise à jour aborde également le volet **financier**, souvent décisif lors de catastrophes environnementales. L’étude en cours permettra d’établir des procédures claires d’**indemnisation** et de créer un **mécanisme de financement** durable dédié à la lutte contre la pollution. Sur le terrain, le prestataire retenu devra réaliser une **cartographie précise des risques** le long du littoral. « Ce travail impliquera l’inventaire des types et volumes d’hydrocarbures et de produits chimiques transitant par les ports marocains, ainsi que l’identification des zones particulièrement sensibles aux dérives de polluants », souligne le quotidien.
Préparation et équipements pour une réaction rapide
Enfin, ce projet stratégique prévoit la désignation de **zones de refuge** destinées à accueillir les navires en détresse avant qu’une avarie ne se transforme en catastrophe écologique. Les experts dresseront également un inventaire exhaustif des **équipements de dépollution** disponibles à l’échelle nationale, tant auprès des acteurs publics que privés, afin d’identifier les besoins matériels manquants. L’ensemble de ces mesures donnera lieu à la structuration de **protocoles d’urgence** gradués selon la gravité des événements, instaurant une classification claire des niveaux d’intervention pour garantir une réaction immédiate, mesurée et efficace face à toute menace environnementale en mer.