mardi 6 octobre 2026
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Economie

Les enjeux structurels de l’agriculture pour la campagne 2026-2027

Par Laura Tournon · Publie le 6 octobre 2026 · 4 min de lecture

Une campagne agricole prometteuse pour 2026-2027

La campagne agricole 2026-2027 s’apprête à débuter dans le Royaume au cours de la seconde quinzaine d’octobre, portée par les résultats prometteurs de la saison précédente. Les travaux préparatoires des sols sont déjà en cours dans plusieurs régions, témoignant de l’enthousiasme des agriculteurs, comme le souligne le magazine Finances News Hebdo.

Un bilan encourageant pour le secteur agricole

Cette dynamique positive découle d’un bilan très satisfaisant de l’exercice précédent, avec une récolte globale atteignant 90 millions de quintaux. Les précipitations excédentaires ont permis une recharge significative des réserves des barrages et des nappes phréatiques, assurant un bon développement des cultures irriguées, loin des problèmes habituels de rareté hydrique.

Des conditions favorables pour l’élevage

Pour l’élevage, cette abondance printanière s’est traduite par une disponibilité accrue d’orge et de foin à des prix plus abordables, offrant ainsi un répit bienvenu aux éleveurs. Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association ovine et caprine, exprime une confiance mesurée pour cette nouvelle échéance, tout en insistant sur l’importance de poursuivre les efforts. Bien que l’année précédente ait permis de commencer la reconstitution du cheptel national, cette tâche nécessite plusieurs hivers humides. Malgré un couvert végétal de qualité, les éleveurs doivent encore intégrer des compléments alimentaires dans l’alimentation de leur bétail.

Les défis du marché et l’appel à l’État

Alors que le marché connaît une détente sur certains produits, cette accalmie est assombrie par l’augmentation continue des charges d’exploitation, notamment en ce qui concerne l’énergie et la main-d’œuvre. Les professionnels du secteur lancent un appel urgent aux pouvoirs publics pour maintenir les programmes d’accompagnement et de subvention des aliments pour le bétail, selon Finances News Hebdo.

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Un retour en force pour les cultures céréalières

Dans les filières végétales, les céréales et les légumineuses constituent des indicateurs essentiels de la vitalité agricole. Après des années de sécheresse ayant réduit les superficies emblavées, ces cultures sont désormais prêtes à relever de nouveaux défis. Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome, rappelle que l’année précédente, seulement 3,9 millions d’hectares avaient été exploités, de nombreux agriculteurs ayant choisi de convertir leurs terres en parcours de pâturage. Les projections actuelles anticipent un retour à plus de 5 millions d’hectares emblavés, encouragés par un climat d’optimisme qui pousse les agriculteurs à réinvestir les parcelles laissées en jachère.

Accès aux intrants et semences

Cette embellie se traduit également par un meilleur accès aux intrants, avec des semences ordinaires disponibles à des prix compétitifs. Néanmoins, les professionnels doivent faire face à des goulets d’étranglement persistants, notamment la raréfaction de certaines variétés de semences certifiées. De nombreux agriculteurs se voient contraints de s’adapter aux disponibilités locales, ce qui pourrait affecter le rendement et la qualité des récoltes. Chaque terroir et microclimat nécessitent des réponses agronomiques spécifiques, et le décalage entre les zones irriguées et les terres sèches reste une préoccupation constante, selon Finances News Hebdo.

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Mobilisation de l’État pour soutenir les agriculteurs

Pour remédier à ces déséquilibres, l’État mobilise plus d’un million de quintaux de semences certifiées, avec des prix maintenus par rapport au cycle précédent. Les agriculteurs auront la possibilité de se procurer du blé tendre et de l’orge à environ 400 dirhams le quintal, tandis que le blé dur se situera entre 400 et 450 dirhams. Par ailleurs, le marché bénéficiera de l’apport de plus de 600 000 tonnes d’engrais phosphatés.

Une sérénité croissante parmi les acteurs économiques

Sur le terrain, un climat de sérénité s’installe progressivement parmi les acteurs économiques. Mohamed Mourtaki, négociant en céréales et légumineuses dans la région de la Chaouia, confirme que la fluidité des approvisionnements est bien supérieure à celle de l’année précédente, tant pour les produits ordinaires que certifiés. À l’exception de quelques références spécifiques, le marché affiche un visage rassurant. Reste à espérer que le ciel, arbitre ultime de l’agriculture marocaine, se montrera clément et offrira des pluies bien réparties.