Un Record Historique de Transferts de Fonds en 2025
122 milliards de dirhams : tel est le montant record atteint en 2025 par les transferts de fonds des Marocains du monde. Cette somme représente une progression de 2,6% par rapport à l’année précédente. Sur le territoire marocain, ce flux financier se positionne solidement comme la deuxième source de devises après le tourisme, et représente désormais 7,7% du PIB national. Chaque année, ces transferts suivent un cycle régulier, marqué par les retours estivaux et les élans de solidarité durant le mois de Ramadan, comme l’indique le quotidien Les Inspirations Éco.
Une Absorption Rapide des Fonds
Malgré cette somme impressionnante, un paradoxe émerge : une grande partie des fonds se révèle économiquement stérile. D’après les données, 71% des transferts sont immédiatement consacrés à la consommation courante, tandis que 21% alimentent de simples dépôts bancaires. À peine 10% de cette enveloppe est réellement investie dans l’économie productive, l’immobilier capturant à lui seul 80% de cette fraction d’investissement. Cette situation est jugée inconcevable par les plus hautes instances de l’État, qui soulignent la complexité des circuits économiques, le manque d’instruments financiers adaptés, ainsi que l’absence d’outils incitatifs comparables aux obligations de diaspora ayant réussi dans d’autres économies émergentes.
Une Menace Réglementaire en Provenance d’Europe
Le défi de la canalisation de l’épargne est accentué par une menace réglementaire significative émanant d’Europe. La directive européenne CRD6 impose un cadre strict de gouvernance et de transparence aux banques de pays tiers opérant dans l’Union européenne, exigeant une traçabilité totale, ce qui est en décalage avec une économie marocaine où le paiement en espèces reste prévalent dans les transactions quotidiennes. Malgré les négociations diplomatiques menées avec Paris et d’autres capitales européennes pour préserver les canaux historiques des banques marocaines, la question des coûts de transferts accrus et des délais allongés demeure préoccupante pour la diaspora, comme le souligne Les Inspirations Éco.
Des Initiatives pour Renforcer le Lien Économique
Conscient de ces enjeux, l’Exécutif marocain a décidé d’accélérer les choses lors du grand rendez-vous de Tanger en mai 2026, appelant à une réflexion sur le lien économique entre le pays et ses expatriés. Des initiatives concrètes prennent forme, notamment la création d’un guichet dédié au sein de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations, ainsi que le déploiement de mécanismes de cofinancement et de subventions, déjà pilotés par Tamwilcom.
Surmonter les Obstacles Structurels
Afin de tirer pleinement parti de cette situation, il est essentiel de surmonter les obstacles structurels identifiés par les instances consultatives. Parmi ceux-ci, le coût élevé des transferts, qui peut dépasser 7% de la somme envoyée, se révèle problématique, bien loin des objectifs internationaux de réduction des frais. En s’inspirant de modèles internationaux de mobilisation de l’épargne extérieure, le Maroc dispose d’un potentiel extraordinaire en compétences et en capitaux pour financer ses grands chantiers d’avenir, à condition de transformer un réflexe de solidarité familiale en un véritable levier de croissance nationale.