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L'International

Mobilisation des Lycéens en France : Un Écho aux Consultations Citoyennes Restées Sans Suite

Par Martin Neuville · Publie le 8 octobre 2026 · 4 min de lecture

Des revendications lycéennes en écho à une Convention citoyenne

Le premier cours à 9H00, des bâtiments adaptés au réchauffement climatique et une pression réduite sur l’orientation : ces propositions, au cœur des revendications actuelles des lycéens, avaient déjà été formulées par une Convention citoyenne il y a près d’un an. Les participants à cette initiative regrettent le manque de réponses de la part du gouvernement.

Une mobilisation de grande ampleur

La récente mobilisation lycéenne, qui a débuté il y a une semaine, « fait un écho très fort à la Convention citoyenne », souligne Morgane Josses, co-présidente de l’association fondée par d’anciens participants à cette même convention, axée sur les temps de l’enfant pour l’année 2025.

Des revendications en phase avec les constats antérieurs

Au cœur des blocus et des manifestations, les revendications des lycéens rejoignent « les constats que nous avions établis : un rythme inadapté aux besoins physiologiques des jeunes, organisé principalement autour des contraintes des adultes, un manque de temps libre et une forte pression, surtout à l’approche de Parcoursup », ajoute Mathieu Alison, co-président de l’association.

Un processus de démocratie participative sans suite

La Convention sur les temps de l’enfant, qui a duré six mois, a rassemblé 133 citoyens adultes tirés au sort et 20 jeunes âgés de 12 à 17 ans. Organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), cette initiative a été lancée à la demande du président Emmanuel Macron et du Premier ministre de l’époque, François Bayrou.

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Des réponses tardives

Depuis la remise du rapport en novembre 2025, une rencontre a eu lieu en début d’année avec le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray. Ce dernier a renvoyé à la présidentielle de 2027 tout débat sur les rythmes scolaires. Fin septembre, une seconde rencontre au ministère de la Culture n’a pas donné suite, selon les participants.

Frustration face au manque de retours

Mathieu Alison souligne que les réponses apportées par ceux qui avaient demandé la tenue de cette convention sont « suites très légères ». Certains partis politiques ou organismes ont toutefois pris en compte les travaux dans le cadre des élections municipales passées ou de la présidentielle à venir. « Sur un exercice de démocratie participative, le fait qu’il n’y ait eu aucun retour est frustrant », déclare Morgane Josses.

Une jeunesse qui s’exprime

« Ce qui était une alerte il y a un an est aujourd’hui exprimé directement par une partie de la jeunesse, alors écoutons-les », a plaidé l’association de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant sur Instagram. Marie-Josée Balducchi, membre du Cese, décrit la situation actuelle comme « non surprenante » et déplore le manque d’écoute dont ont fait preuve les autorités.

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Des propositions concrètes à l’étude

Parmi les vingt propositions formulées par la Convention citoyenne, plusieurs concernent l’organisation du temps d’apprentissage. Ces recommandations incluent un début de cours décalé à 9H, une pause déjeuner d’au moins une heure et demie, une semaine scolaire de cinq jours moins denses, ainsi qu’un plan de rénovation des bâtiments scolaires sur 20 à 30 ans.

Des voix qui s’élèvent pour le changement

« Les lycéens expriment avec leurs mots ce que nous avons dit suite à la Convention citoyenne : il est essentiel d’améliorer le système éducatif pour qu’il soit pensé pour eux et non l’inverse », estime Mme Josses. Après plusieurs jours de blocage d’établissements, le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé une lettre à plusieurs ministres, établissant une feuille de route sur cinq chantiers, notamment concernant les professeurs non remplacés et la rénovation des bâtiments scolaires.

Des alertes ignorées

« Cela faisait clairement partie des alertes que nous avions laissées il y a un an, et il aura fallu attendre une escalade de la situation pour qu’une véritable démarche publique sur ces sujets soit engagée », conclut Morgane Josses.