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Syrie : Le leader des forces kurdes puissantes annonce leur dissolution

Par Martin Neuville · Publie le 27 août 2026 · 4 min de lecture

«Nous annonçons aujourd’hui la fin de la mission des Forces démocratiques syriennes (FDS) et déclarons, en toute responsabilité, leur dissolution en tant que force militaire indépendante», a déclaré M. Abdi lors d’un discours en arabe, suivi d’une traduction en kurde.

Cette annonce a eu lieu au palais présidentiel à Damas, après une réunion avec le président islamiste, en présence de responsables militaires et politiques kurdes.

Négociations et intégration

Le pouvoir syrien et les Kurdes ont engagé des discussions depuis plusieurs mois concernant l’application d’un accord signé en janvier, visant l’intégration totale des institutions kurdes au sein de l’État syrien.

Dès son arrivée au pouvoir en décembre 2024, le nouveau dirigeant islamiste syrien, ayant renversé Bachar al-Assad, s’est concentré sur la réunification d’un pays déchiré par une guerre civile prolongée et sur le démantèlement des groupes armés.

Émergence des Kurdes

Profitant du chaos engendré par la guerre civile (2011-2024), les Kurdes ont pris le contrôle d’importantes régions du nord et du nord-est de la Syrie, établissant une administration autonome.

Selon la télévision officielle syrienne, l’annonce de M. Abdi implique également la dissolution de l’administration autonome ainsi que de toutes les structures militaires et civiles associées, avec leur intégration dans les institutions de l’État syrien.

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Réactions et implications

M. Abdi a précisé que cette dissolution survient «après l’accord conclu avec le président Chareh et l’achèvement du processus d’intégration de nos forces au sein des brigades de l’armée syrienne».

Tom Barrack, l’envoyé spécial américain en Syrie, a qualifié cette décision d’«absolument historique», affirmant qu’elle représente une véritable intégration visant à renforcer la souveraineté de la Syrie.

Cette annonce fait suite à celle des États-Unis concernant le retrait de la Syrie de la liste des États accusés de soutenir le terrorisme, une avancée significative vers la relance économique.

Rôle des FDS

Formées en 2015 à l’initiative de Washington, les FDS constituaient l’armée de l’administration autonome kurde en Syrie, ayant combattu les jihadistes de l’État islamique (EI) avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

À leur apogée, les FDS comptaient environ 100 000 combattants, Kurdes et Arabes, et contrôlaient d’importantes zones du nord et du nord-est de la Syrie, riches en ressources pétrolières.

L’héritage des FDS

M. Abdi a souligné que «depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande responsabilité durant l’une des périodes les plus difficiles» pour la Syrie, ayant libéré de nombreuses localités syriennes, d’abord du régime baassiste, puis de la menace de l’EI.

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La dissolution des FDS, longtemps considérées comme la force la mieux entraînée et organisée de Syrie, symbolise la fin d’une époque pour les Kurdes du pays.

Les Kurdes avaient longtemps aspiré à une autonomie avant la chute de Bachar al-Assad, qui a conduit Washington à réorienter son soutien vers les nouvelles autorités de Damas, favorables aux États-Unis.

Bien que l’EI ait été territorialement vaincu en 2019, des éléments résiduels continuent d’opérer dans le pays.

Vers une nouvelle ère

M. Abdi a ajouté que «les circonstances ont changé aujourd’hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation».

Il a également insisté sur l’importance du droit à l’enseignement en langue kurde, un droit revendiqué par le peuple kurde depuis des décennies, tout en rappelant l’engagement de M. Chareh à conserver ce droit.

Selon l’analyste Fabrice Balanche, les Kurdes représentent environ 2 millions de personnes en Syrie, sur une population totale de 20 millions.

En janvier, le président syrien a signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes, reconnaissant le kurde comme langue nationale, une mesure inédite depuis l’indépendance de la Syrie en 1946.