lundi 24 août 2026
En Direct Agences Régionales de l’Urbanisme : Cadre Juridique Officiellement Établi
Economie

Agences Régionales de l’Urbanisme : Cadre Juridique Officiellement Établi

Par Laura Tournon · Publie le 24 août 2026 · 4 min de lecture

La création des Agences régionales de l’urbanisme et de l’habitat : une nouvelle ère pour la gouvernance territoriale

La récente publication au Bulletin officiel de la loi régissant la création des Agences régionales de l’urbanisme et de l’habitat marque une avancée significative dans la refonte de la gouvernance territoriale. Ce nouveau cadre juridique introduit un changement de paradigme en établissant douze agences, une pour chaque région, tout en prévoyant la possibilité de créer des antennes provinciales selon les besoins locaux. L’objectif principal de cette réforme est de doter chaque région d’un interlocuteur unique, favorisant ainsi l’harmonisation de la planification, de l’aménagement et du développement territorial. Ce processus se déroulera en attendant la publication des décrets d’application, qui rendront ces entités pleinement opérationnelles.

Un périmètre d’action élargi pour les agences

Au-delà de l’élaboration des documents d’urbanisme traditionnels, les agences verront leur périmètre d’action considérablement élargi. Elles auront pour mission de coordonner les différents acteurs locaux afin de faciliter la convergence des projets d’aménagement, notamment en ce qui concerne le développement des espaces ruraux. Ainsi, elles devront contribuer aux stratégies de mise à niveau de ces zones prioritaires, veillant à leur déclinaison sous forme de projets intégrés. Cela garantira une cohérence et une continuité accrues entre les espaces urbains et ruraux.

Lire aussi:  Où en est la résilience économique du Maroc?

L’harmonisation des pratiques et le renforcement de l’expertise

L’harmonisation des pratiques et le renforcement de l’expertise constituent un autre pilier de cette réforme. Les agences seront responsables de la réalisation d’études prospectives et stratégiques, en accord avec les orientations nationales et régionales. Elles veilleront également au suivi, à l’évaluation et à la révision des documents d’urbanisme en vigueur. En outre, ces entités disposeront d’un pouvoir décisionnel renforcé, étant tenues d’émettre des avis contraignants sur l’octroi des permis et des autorisations d’urbanisme.

Contrôle et préservation des territoires

Pour assurer la conformité des aménagements sur le terrain, la loi prévoit la désignation d’inspecteurs de l’urbanisme, chargés du contrôle des infractions. Ces inspecteurs surveilleront l’exécution des projets immobiliers ainsi que des opérations de lotissement et de division, afin de garantir leur conformité avec les autorisations délivrées et les textes législatifs applicables. Parallèlement, la sauvegarde de l’identité des territoires sera renforcée grâce à une mission explicite de protection et de valorisation du patrimoine architectural et paysager, matérialisée par des inventaires régionaux et des actions de réhabilitation.

Lire aussi:  Un croisement ovin prometteur: la race marocaine à fort potentiel de reproduction

Un rôle clé sur le plan social et économique

Sur le plan social et économique, ces nouvelles entités joueront un rôle déterminant dans la mise en œuvre des politiques d’accès au logement et dans la lutte contre l’habitat insalubre. Elles accompagneront les groupements d’intérêt économique ainsi que les organismes publics et privés dans la réalisation des projets d’aménagement, tout en assurant une assistance technique pour le compte de l’État et des collectivités locales.

Une architecture institutionnelle bien ancrée

Enfin, l’architecture institutionnelle des agences témoigne d’un ancrage territorial profond. Chaque agence sera administrée par un conseil d’administration et dirigée par un directeur général, avec à sa présidence le chef du gouvernement ou son délégué. Le conseil inclura le wali de région, les gouverneurs, le président du Conseil régional, le président de la commune chef-lieu, ainsi que quatre présidents de conseils communaux désignés par le ministre de l’Intérieur. Y figureront également le directeur du Centre régional d’investissement et des représentants des administrations. Cette composition garantit une concertation étroite et une prise de décision alignée sur les enjeux spécifiques de chaque territoire.