Le scrutin algérien : des chiffres provisoires et un enjeu majeur
Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), a déclaré tard jeudi que les chiffres relatifs au scrutin étaient provisoires et susceptibles d’ajustements. La déclaration a été partagée via la page Facebook officielle de l’Anie.
Un scrutin crucial et une participation incertaine
Le taux de participation était l’un des enjeux majeurs de ces élections. Un rallongement d’une heure de vote a été décidé sur l’ensemble du territoire national pour permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote, a indiqué l’Anie. Près de 25 millions d’Algériens étaient attendus aux urnes pour élire leurs représentants législatifs, suite à une campagne électorale relativement discrète.
Pronostics en faveur du pouvoir en place
Les groupes politiques proches du gouvernement, tels que le Front de libération nationale (FLN), devraient dominer la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN), sans grande surprise. Dans la capitale, les bureaux de vote étaient quasiment vides dans l’après-midi, avec seulement quelques agents électoraux et quelques électeurs présents, selon des témoignages recueillis par l’AFP.
Contestation et invalidation de certaines listes
Le déroulement du scrutin a été marqué par une polémique liée à l’invalidation d’environ un tiers des listes. Plusieurs partis ont dénoncé leur exclusion de certaines circonscriptions, notamment dans la capitale. Le président Abdelmadjid Tebboune, cité par l’agence officielle APS, a affirmé que les législatives se déroulaient dans de bonnes conditions.
407 sièges à pourvoir
Au total, 407 sièges sont en jeu pour un mandat de cinq ans. Les résultats devraient être annoncés dans les prochains jours. Le quotidien L’Expression a souligné que l’enjeu majeur de cette campagne a été d’encourager et de convaincre les citoyens à voter massivement. Le taux de participation reste le principal objectif des états-majors politiques, soucieux d’asseoir la pleine légitimité de la future Assemblée.
Un taux de participation historiquement bas
Les dernières élections législatives, tenues en 2021 et remportées par le FLN, avaient enregistré un taux de participation de 23%, le plus bas de l’histoire du pays. Ces élections s’étaient déroulées dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Ce mouvement avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.
Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, a été élu en décembre 2019 puis réélu en 2024. Des ONG de défense des droits humains critiquent le contrôle accru de l’espace public par les autorités depuis le mouvement du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.