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Economie

Carrières au Maroc : un secteur stratégique confronté à des milliers d’infractions et 406,3 millions de dirhams d’amendes à recouvrer

Par Laura Tournon · Publie le 12 septembre 2026 · 4 min de lecture

Le secteur des carrières au Maroc : un pilier de l’économie de construction

Le secteur marocain des carrières joue un rôle fondamental en soutenant le rythme des investissements dans les infrastructures, les bâtiments et les grands équipements. Bien que cette activité soit essentielle pour l’économie de la construction, le contrôle de son exploitation demeure un défi. Actuellement, le pays recense 3.930 carrières, dont seulement 32% sont en exploitation, alors que les commissions provinciales rapportent en moyenne 3.729 infractions chaque année, entraînant des amendes s’élevant à 406,3 millions de dirhams, avec un recouvrement insuffisant.

L’extraction des matériaux : un enjeu crucial pour le développement

Le développement des infrastructures au Maroc repose également sur une activité essentielle, bien que moins visible, à savoir l’extraction des matériaux de construction. Des matières telles que le gravier, le sable et la pierre sont indispensables pour la fabrication du bétón, la réalisation de travaux routiers, d’ouvrages hydrauliques et de nombreuses opérations de construction. À mesure que le Maroc intensifie ses investissements, la demande pour ces matériaux reste soutenue, plaçant le secteur des carrières dans une position stratégique au sein de la chaîne d’approvisionnement.

Les défis du secteur : entre exploitation et contrôle

Malgré son importance pour l’économie, le secteur des carrières présente des vulnérabilités. Une exploitation irrégulière peut affecter les recettes publiques, pénalisant les entreprises respectueuses des obligations et compliquant le suivi des volumes réellement extraits. Ce constat émerge clairement du bilan 2021-2026 du ministère de l’Équipement et de l’Eau, qui souligne que le Maroc compte désormais 3.930 carrières, en hausse par rapport à 2.930 en 2020.

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Une complexité à gérer

La complexité du secteur se manifeste par la différence entre les sites autorisés, ceux en exploitation et ceux contrôlés. Les autorités doivent suivre un nombre important d’installations et d’opérateurs. La difficulté économique est également manifeste : une production accrue de matériaux exige une meilleure connaissance des volumes extraits et un contrôle rigoureux du respect des obligations.

Des infractions préoccupantes

Les commissions provinciales chargées du contrôle enregistrent en moyenne 3.729 infractions par an, principalement liées à l’exploitation en dehors du cadre réglementaire. Cette situation constitue une préoccupation majeure pour les autorités, car elle impacte directement la concurrence entre les exploitants. Les entreprises respectant les règles se retrouvent désavantagées face à celles qui ne respectent pas leurs obligations administratives, financières ou environnementales.

Les enjeux financiers et le recouvrement des amendes

Le montant global des amendes atteignant 406,3 millions de dirhams illustre bien les enjeux financiers du secteur. Cependant, une part significative de ces amendes demeure difficile à recouvrer, ce qui constitue une faiblesse majeure du dispositif. Les contrôles permettent de constater des infractions, mais la traduction de ces constatations en recettes effectives reste insuffisante. Ce problème ne se limite pas aux montants des amendes, mais englobe également l’ensemble du processus menant au recouvrement.

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Renforcement des contrôles : la création d’une police des carrières

Pour améliorer la situation, le Maroc a instauré en 2021 une police des carrières chargée de renforcer le contrôle. Depuis son lancement, cette entité a dressé 179 procès-verbaux, entraînant certaines condamnations et la saisie d’engins utilisés dans des exploitations illégales. Ce dispositif vise à apporter une réponse ciblée aux infractions, tout en devant composer avec un secteur vaste et marqué par de nombreuses irrégularités.

Vers une meilleure traçabilité des carrières

Une plateforme est actuellement en développement pour suivre chaque carrière depuis son ouverture jusqu’à sa fermeture. Cet outil doit centraliser les informations sur la production, les contrôles et les sanctions, dans le but d’améliorer la connaissance des volumes extraits et de faciliter les contrôles. Pour un secteur comptant près de 4.000 sites, cette traçabilité représente un enjeu majeur, permettant de réduire les pertes d’information tout au long de la vie d’une carrière.