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Economie

Législatives : Fouzi Lekjaa présente les priorités économiques du PAM à la CGEM

Par Laura Tournon · Publie le 11 septembre 2026 · 6 min de lecture

Présentation du programme électoral du PAM

Lors de sa rencontre avec la CGEM, Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, a exposé les grandes lignes du programme de son parti en vue des élections législatives prévues le 23 septembre. Il a mis en avant plusieurs axes prioritaires, notamment la formalisation de l’économie, le rôle du secteur privé, la généralisation de la protection sociale, ainsi que des enjeux liés à l’éducation et à l’emploi.

La formalisation de l’économie

La formalisation de l’économie est un des projets que le PAM prévoit de mettre en œuvre à partir de 2027, en s’appuyant notamment sur la loi de finances. Lors de son intervention devant les représentants de la CGEM, Fouzi Lekjaa a précisé que l’objectif n’était pas d’alourdir la fiscalité sur le secteur informel.

« On ne veut pas fiscaliser l’informel, on ne veut pas gagner de la fiscalité là-dessus », a-t-il affirmé, plaidant pour un environnement de travail qui soit « clair et transparent » pour les opérateurs économiques.

Encourager l’inclusion grâce à la formalisation

Selon Fouzi Lekjaa, la formalisation doit également permettre aux acteurs concernés de profiter de subventions et d’incitations visant à améliorer et à développer leurs activités. Cette transformation devrait s’accompagner d’une bancarisation et d’une meilleure intégration du paiement électronique. Le responsable a évoqué une vision pour positionner le Maroc à l’horizon 2030, s’inspirant des expériences d’autres pays ayant un niveau de développement similaire.

Le rôle central des entreprises

Pour Fouzi Lekjaa, l’entreprise doit jouer un rôle clé dans cette démarche. « Pour nous, l’entreprise est une conviction, est un partenaire essentiel », a-t-il déclaré. Il a présenté le secteur privé comme la « locomotive » du développement, générant richesse et emploi.

Un État au service du secteur privé

Cette vision implique un État qui soutient le développement du secteur privé afin de faire progresser le pays vers des niveaux supérieurs de développement. Fouzi Lekjaa a affirmé que cette position ne découle pas simplement d’un contexte électoral, mais d’une véritable conviction.

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Il a également dressé un bilan positif des avancées du Maroc ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures et d’investissement public, qui a connu une hausse de 110 milliards de dirhams dans une période donnée.

En matière d’infrastructures de transport, il a souligné la nécessité d’améliorer la connexion entre Marrakech, Fès et Meknès, tout en ouvrant ces régions aux infrastructures aéroportuaires.

Trafic aérien et développement social

Le trafic aérien a atteint 36 millions de passagers selon les données fournies par Fouzi Lekjaa, qui estime que ce chiffre pourrait augmenter encore grâce à la rénovation des aéroports en préparation de la Coupe du monde.

Sur le plan social, il a insisté sur les catégories de travailleurs dont les revenus sont instables, mentionnant les agriculteurs, les artisans et les intérimaires dans le secteur du tourisme. Leur intégration dans la protection sociale nécessite un traitement adapté.

Généralisation de la protection sociale

Fouzi Lekjaa a souligné que la généralisation de la protection sociale doit tenir compte des spécificités de cette population. Il a proposé que l’État prenne en charge les cotisations des personnes n’ayant pas les moyens nécessaires, tandis que ceux disposant de ressources suffisantes devraient être responsables de leurs propres cotisations. Il a également mis en avant le budget consacré aux politiques sociales, évalué à 280 milliards de dirhams.

Le budget alloué à la santé a, par ailleurs, augmenté de 19 à 42 milliards de dirhams, tandis que celui de l’éducation est passé de 58 à 97 milliards.

Réformes nécessaires dans le secteur éducatif

L’éducation a également été un point central de son discours. Fouzi Lekjaa a indiqué que le système éducatif bénéficie actuellement d’un budget de 97 milliards de dirhams, même si la participation du secteur privé reste en deçà des objectifs fixés il y a environ vingt ans. Actuellement, la part du secteur privé dans l’éducation est de 13%, alors qu’un objectif de 25% avait été fixé.

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Il a plaidé pour l’identification des obstacles freinant le développement du secteur privé et pour l’élaboration d’incitations et d’ajustements nécessaires.

Circuits de distribution et impact sur l’économie

Un autre sujet soulevé par Fouzi Lekjaa concerne le fonctionnement des circuits de distribution et la part grandissante des intermédiaires. Il a souligné que ces derniers captent une part excessive de la valeur, au détriment des investisseurs et des consommateurs.

En prenant comme exemple les produits agricoles, il a questionné les écarts de prix entre ce que perçoit l’agriculteur et ce que paie le consommateur final. « Il n’y a pas de commerce qui absorbe cinq fois la valeur de l’investisseur », a-t-il déclaré.

Défis du marché du travail

Fouzi Lekjaa a également mis en évidence les déséquilibres présents sur le marché du travail, notamment un taux d’activité de 69% chez les hommes contre seulement 19% chez les femmes. Cette situation représente un défi majeur pour le pays.

Le programme électoral du PAM, qui s’étend sur 46 pages, repose sur un ensemble plus large de travaux, comprenant environ 1.200 pages de simulations et de modélisations.

Il a insisté sur l’importance de partager ce travail détaillé avec les autres partis politiques ainsi qu’avec la CGEM, afin d’initier un dialogue constructif autour des mesures proposées et, si nécessaire, d’apporter les ajustements nécessaires.

La question de l’emploi des jeunes est également une priorité. Fouzi Lekjaa a évoqué près de 3 millions de jeunes « hors système », dont 2,9 millions ont été mentionnés, en ajoutant 300.000 personnes pour arrondir son estimation.

Enfin, il a souligné l’importance de faire la distinction entre emploi et revenu, alors que le débat se concentre sur la capacité à générer des revenus de 200, 300 ou 500 dirhams. Cette distinction doit être intégrée dans la réflexion sur les réponses à apporter au chômage et à l’insertion économique des jeunes.