lundi 2 novembre 2026
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Décontamination en images : Le régime algérien à Ekker, Gara Djebilet

Par Martin Neuville · Publie le 2 novembre 2026 · 4 min de lecture

Lancement de l’opération d’assainissement à Béryl E2

La vidéo diffusée par la chaîne publique AL24 News le jour de la fête nationale présente le « Lancement de la deuxième opération d’assainissement du site du tunnel Béryl E2 ». D’une durée de deux minutes vingt-deux, cette vidéo se caractérise par son ambiance presque silencieuse, agrémentée de musique et de prises de vues aériennes du massif de Taourirt Tan Afella. Les images montrent des panneaux « Danger », suivis d’une procession de techniciens en combinaisons se déplaçant le long d’une clôture. Un moment clé est capturé avec une photo de groupe devant une banderole indiquant le lancement de la campagne d’assainissement, prévue pour le 1er novembre 2026.

Des propos limités et une image décevante

Le seul discours présent dans la vidéo, d’une quarantaine de secondes, provient d’un chercheur du Centre de recherche nucléaire de Draria. Équipé d’une capuche et d’un masque, installé dans un camion-laboratoire, il évoque le lancement de l’opération « après l’achèvement de toutes les préparations techniques » en suivant une « méthodologie scientifique » et des normes de sûreté radiologique. Cependant, aucune donnée précise n’est fournie concernant les mesures, la surface à traiter ou le calendrier.

Une mise en scène questionnable

Les images montrent une activité plus modeste que ce que le titre laisse supposer. Les techniciens installent des panneaux solaires, consultent des ordinateurs et déploient un drone pour des relevés. Les engins lourds, tels que des grues et une chargeuse, restent inactifs tout au long de la vidéo. Il s’agit donc davantage d’une campagne de relevés que d’une véritable opération d’assainissement.

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Des questions sur la chronologie des événements

La banderole fait référence à un lancement prévu pour le 1er novembre 2026, tandis que la vidéo a été mise en ligne le jour même. Les variations de ciel dans les images laissent supposer que ce « lancement » a été filmé à l’avance pour coïncider avec l’anniversaire de 1954. Ce n’est pas un incident isolé : un documentaire similaire avait été diffusé en février dernier à l’occasion de l’anniversaire du premier essai de Reggane.

Un parallèle avec Gara Djebilet

La situation à Gara Djebilet présente des similitudes. En janvier 2026, le président Tebboune a inauguré une ligne ferroviaire reliant la mine de fer à Béchar et a visionné un documentaire sur le projet. Pourtant, neuf mois après cette inauguration, aucune donnée n’est disponible concernant les volumes extraits ou transportés. Des images, prises en dehors du circuit officiel, montrent une fosse à ciel ouvert sans aucune activité.

Une manipulation manifeste

Ce phénomène va au-delà d’une simple communication défaillante ; il s’agit d’une manipulation délibérée. À Gara Djebilet, la mise en scène d’un convoi inaugural crée l’illusion d’une mine en fonctionnement. À In Ekker, des grues à l’arrêt sont filmées pour simuler une campagne de décontamination. Dans les deux cas, le spectacle remplace la réalité, tandis que ceux qui posent des questions s’exposent à des représailles.

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Un passé à ne pas ignorer

Le reportage d’Al24 omet des éléments essentiels concernant les essais nucléaires réalisés par la France au Sahara. Sur les dix-sept essais, la majorité a eu lieu après l’indépendance de l’Algérie, avec des accords qui ont permis à la France de poursuivre ses tests. Ce contexte historique doit être pris en compte pour comprendre les enjeux de la décontamination et les demandes actuelles d’Alger auprès de Paris.

Une demande de transparence nécessaire

Aujourd’hui, l’Algérie exige des cartes des zones contaminées et la décontamination des sites. Cependant, cette revendication gagnerait en crédibilité si l’État algérien reconnaissait sa propre implication dans ces essais. Plutôt que d’ouvrir ses archives pour un examen transparent, le régime préfère diffuser des clips qui masquent la réalité.

Une gouvernance par l’image

L’opération à In Ekker est ainsi réduite à une simple mise en scène visuelle. À Gara Djebilet, les images d’extraction ne cachent qu’une réalité d’inaction. Ce constat souligne que le régime algérien privilégie l’apparence à la véritable gouvernance.