Une augmentation continue des postes budgétaires pour l’État
La gestion des ressources humaines au sein de l’État est un sujet de préoccupation croissante, notamment en raison de l’augmentation constante des dépenses de personnel d’année en année. Pour le prochain exercice budgétaire, le gouvernement a validé la création de 34.454 postes budgétaires, un chiffre légèrement en recul par rapport aux 36.895 postes ouverts durant l’année en cours. Sur ce total, la cheffe du gouvernement disposera d’une marge de manœuvre pour répartir 500 postes entre les différents départements ministériels et institutions. Parmi ces postes, 200 seront spécifiquement réservés aux personnes en situation de handicap, afin de favoriser leur insertion professionnelle dans la fonction publique, comme le souligne le quotidien L’Economiste du 30 octobre.
Des mesures spécifiques pour le secteur de l’éducation
Dans le domaine de l’éducation, un dispositif particulier sera mis en place pour soutenir l’évolution des carrières académiques. À partir du 1er janvier prochain, 600 postes supplémentaires seront alloués au sein du ministère de l’Éducation nationale pour régulariser la situation des fonctionnaires régis par le statut particulier de ce département. Cette initiative concerne les titulaires d’un doctorat ou d’un diplôme équivalent ayant réussi le concours d’accès au corps des enseignants-chercheurs. Il est à noter que cette mesure s’accompagnera de la suppression simultanée des postes qu’ils occupaient auparavant.
Une répartition stratégique des postes budgétaires
Les 33.954 postes budgétaires restants seront répartis de manière stratégique entre les ministères et les divers organismes publics. Le ministère de l’Intérieur sera le principal bénéficiaire avec 14.200 postes, suivi par l’Administration de la défense nationale avec 5.500 postes et le ministère de la Santé avec 5.400 postes. D’autres départements, tels que le ministère de l’Économie et des Finances, se verront attribuer des dotations plus modestes, avec 2.460 postes, tandis que le ministère de l’Enseignement supérieur recevra 1.920 postes. La Délégation générale à l’administration pénitentiaire obtiendra quant à elle 1.500 postes, tandis que d’autres institutions se verront attribuer moins de mille postes, selon les informations relayées par L’Economiste.
Priorités sectorielles et création d’emplois
La répartition de ces ressources souligne la priorité accordée aux secteurs de la sécurité et des services sociaux, qui représenteront près de 72% de l’ensemble des créations de postes pour 2026. Cette orientation vise à renforcer la présence territoriale ainsi que les services de proximité, tout en soutenant la généralisation de la couverture médicale grâce au recrutement massif de professionnels de la santé. Au cours de la dernière décennie, cette dynamique a permis la création de plus de 290.000 postes budgétaires civils, en plus des recrutements massifs effectués par les académies régionales d’éducation et de formation pour répondre aux besoins croissants du système éducatif.
Défis liés à la structure démographique de l’administration
La structure démographique de l’administration publique met en évidence des défis structurels importants, notamment le vieillissement des effectifs et les départs massifs à la retraite. Actuellement, les fonctionnaires de moins de 35 ans représentent 23,1% de l’effectif total, tandis que ceux âgés de 35 à 50 ans en représentent 43,2% et ceux de 50 ans et plus, 33,7%. Les prévisions de la Caisse marocaine des retraites indiquent que 70.266 agents atteindront la limite d’âge dans les cinq prochaines années, dont plus de 32.000 dans le secteur de l’éducation. Ces départs nécessiteront un renouvellement continu des compétences au sein des services de l’État, où la proportion de femmes s’établit actuellement à 35,7%.
Un effort financier significatif pour l’éducation
La politique de renforcement des effectifs et de valorisation des carrières s’accompagne d’un effort financier conséquent, particulièrement visible dans le budget alloué au secteur éducatif. Les crédits destinés au département de l’Éducation nationale s’élèvent à 106,9 milliards de dirhams, marquant une nette progression par rapport à l’exercice précédent. Cette hausse est principalement due à l’augmentation de la masse salariale, résultant de la mise en œuvre du statut particulier révisé des fonctionnaires et des mesures d’accompagnement visant à revaloriser les métiers de l’enseignement et à améliorer durablement la qualité du service public éducatif.