Un déficit commercial persistant malgré les efforts
Le déficit commercial continue d’afficher une vigueur notable, sans signe d’amélioration en vue. Les derniers indicateurs mensuels des échanges extérieurs publiés par l’Office des changes révèlent que ce déficit a atteint 244,69 milliards de dirhams (MMDH) à la fin juillet 2026, marquant une aggravation de 26,5%, soit 51,3 MMDH par rapport à l’année précédente.
Un déséquilibre inquiétant entre importations et exportations
Cette détérioration s’explique par un déséquilibre significatif entre la croissance des importations et celle des exportations. En effet, les achats de biens à l’étranger ont franchi la barre des 544 MMDH au cours des sept premiers mois de 2026, enregistrant une hausse de 15,9%. En revanche, les exportations ont progressé plus lentement, avec une augmentation de 8,4%, atteignant 299,34 MMDH.
Un taux de couverture en baisse
Le taux de couverture, qui évalue la part des importations financée par les exportations, a chuté de 3,8 points pour se situer à 55%, contre 58,8% un an auparavant.
Analyse des importations : des postes en forte hausse
Un examen approfondi des importations révèle que plusieurs catégories de produits ont contribué à l’augmentation de la facture. Parmi elles, les produits finis d’équipement se distinguent, avec une hausse de 20,8%, atteignant 133,2 MMDH à fin juillet 2026. Cette progression est principalement due à l’accroissement des achats de pièces d’avions, de véhicules utilitaires et d’autres aéronefs.
Une facture énergétique en forte hausse
La facture énergétique a également connu une augmentation significative, atteignant 81,19 MMDH, en hausse de 29,1%, principalement en raison de l’escalade des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils, qui ont grimpé de 41,2%.
Produits alimentaires et automobiles : des tendances variées
Les produits finis de consommation ont également enregistré une hausse de 12,3%, notamment grâce à l’augmentation des achats de pièces pour voitures (+24,7%), de voitures de tourisme (+10,8%) et de médicaments (+14,8%).
Les produits bruts en forte croissance
Les produits bruts affichent la plus forte croissance relative parmi l’ensemble des importations, avec une augmentation de 52,2%, soutenue par les importations de soufre et de ferraille. À l’inverse, les achats d’huile d’olive ont connu un recul de 91,2%.
Les exportations, entre succès et déceptions
Concernant les exportations, le secteur automobile se positionne comme le principal moteur de la croissance, avec une hausse de 14,9%, totalisant 107,14 MMDH. Cette performance est alimentée par l’essor des ventes dans les segments de la construction (+19,9%) et du câblage (+13,8%).
Une stratégie nationale en réponse aux défis
Face à ces enjeux, le gouvernement a mis en place des programmes visant à renforcer le tissu productif local. L’objectif est d’accroître les exportations tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations. Bien que des résultats positifs aient été observés dans certains secteurs comme l’automobile et l’aéronautique, l’élargissement de cette dynamique à d’autres secteurs demeure un défi à relever.
Mondial 2030 : un projet d’envergure avec des implications économiques
Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que les grands chantiers liés à l’organisation de la Coupe du Monde pourraient entraîner une hausse des importations de biens d’équipement. Avec un budget total estimé à 190 MMDH, représentant 11,9% du PIB de 2024, ce programme d’infrastructure d’envergure pourrait exacerber le déficit à court terme, tout en offrant des perspectives d’amélioration à long terme.
Conclusion : Vers une diversification et une autonomie accrues
Les efforts de substitution aux importations doivent porter leurs fruits pour réduire cette dépendance et améliorer les retombées économiques des projets d’envergure. La diversification des marchés et des secteurs, ainsi que le soutien à l’industrie locale, apparaissent comme des leviers essentiels pour inverser la tendance actuelle du déficit commercial.