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Economie

Entre grands chantiers et rigueur : l’équation budgétaire du Maroc

Par Laura Tournon · Publie le 18 août 2026 · 4 min de lecture

Une Équation Économique Ambitieuse

La note d’orientation pour l’élaboration du Projet de loi de finances 2027, récemment diffusée par le gouvernement marocain, esquisse les contours d’une équation économique complexe. L’ambition d’un État stratège se confronte à l’impératif de la rigueur budgétaire. Le gouvernement table sur une hypothèse de croissance de 4,1%, principalement soutenue par les secteurs non agricoles. Ce projet vise à maintenir un déficit autour de 3% du PIB, alors que la dette publique frôle les 65%. L’exécutif s’apprête ainsi à relever un défi d’équilibriste. Selon le magazine Finances News Hebdo, « Il s’agira de financer simultanément de gigantesques chantiers d’infrastructures, de consolider l’État social et de stimuler le tissu économique, tout en imposant une cure de minceur aux dépenses de fonctionnement de l’administration publique ».

Un Nouveau Modèle de Développement Territorial

Au cœur de cette nouvelle architecture budgétaire se trouve un changement de paradigme dans la gestion des territoires. L’État prévoit le lancement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, avec une enveloppe colossale estimée à plus de 210 milliards de dirhams sur une période de huit ans.

Une Approche Ascendante et Décentralisée

Cette approche se veut résolument ascendante, ancrée dans les réalités locales et libérée des calendriers électoraux traditionnels. Pour concrétiser cette décentralisation économique, les régions bénéficieront de ressources renforcées grâce à des transferts financiers annuels d’au moins 12 milliards de dirhams à partir de 2027. Cette aide sera accompagnée d’une réforme des organes d’exécution et de la création d’outils de suivi performants pour garantir l’efficacité des investissements sur le terrain.

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Un Soutien Renforcé aux PME

La volonté d’oxygéner les petites et moyennes entreprises (PME), véritables moteurs de la croissance nationale, se traduit par un assouplissement des règles de la commande publique. Ainsi, le plafond des prestations exécutables par bons de commande sera rehaussé de 500 000 à 800 000 dirhams, tandis que le seuil de certains appels d’offres simplifiés passera à 1,5 million de dirhams.

Un Appel à la Collaboration des Acteurs Financiers

Parallèlement, un système national de notation pour les très petites entreprises (TPE) et les PME sera déployé. Les secteurs bancaire et financier sont appelés à renforcer leur soutien à l’industrie et à l’innovation. Le programme de commerce extérieur prévoit d’accompagner 400 nouveaux exportateurs, générant près de 84 milliards de dirhams de recettes additionnelles d’ici la fin du cycle budgétaire, soutenu par une enveloppe de 900 millions de dirhams dédiée à la recherche et développement, comme l’indique Finances News.

Des Investissements Publics Visionnaires vers 2030

L’horizon 2030 impose le rythme des grands investissements publics de la décennie. Le texte confirme la poursuite de chantiers titanesques dans le domaine des transports, notamment le prolongement de la ligne à grande vitesse sur 430 kilomètres entre Kénitra et Marrakech, ainsi que le développement de réseaux express régionaux pour désengorger les métropoles. La stratégie Aéroports 2030 vise à propulser la capacité d’accueil à 80 millions de passagers, en lien avec l’expansion de Royal Air Maroc, qui projette une flotte de 200 appareils d’ici 2037. La bataille pour les ressources en eau s’intensifie, avec une production d’eau dessalée alimentée par des énergies vertes, visant 1,7 milliard de mètres cubes d’ici la prochaine décennie.

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Un État Social en Mutation

La construction de ces infrastructures ne doit pas occulter le volet humain. L’État social entre dans une phase de maturité, visant à dépasser la simple assistance. Actuellement, l’aide sociale directe soutient près de 4 millions de ménages pour un coût mensuel dépassant les 2,2 milliards de dirhams. Le gouvernement prépare des passerelles vers l’emploi, incluant une allocation d’insertion et un filet de sécurité pour garantir la réintégration en cas de perte d’emploi involontaire.

Réhabilitation des Services Publics Essentiels

Dans le même esprit de refonte, la santé publique se prépare à la réhabilitation de 1 600 centres médicaux dans les trois prochaines années. Parallèlement, l’éducation nationale continuera le déploiement de ses écoles pionnières, visant à toucher 80% du réseau primaire public à la rentrée 2026-2027.