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Economie

Gabon : le Marocain CIMAF mise sur un investissement stratégique

Par Laura Tournon · Publie le 18 juin 2026 · 3 min de lecture

Un investissement de 40 millions d’euros pour moderniser l’usine d’Owendo

Le 20 mai 2026, au Palais Rénovation de Libreville, le président-directeur général de Ciments de l’Afrique (CIMAF), Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont scellé un accord d’investissement de 40 millions d’euros. Cet apport financier est destiné à moderniser l’usine d’Owendo et à y intégrer une troisième ligne de production, une extension nécessaire pour répondre à la croissance rapide de la demande locale en matériaux de construction, portée par les grands chantiers d’infrastructure du pays, indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Une montée en puissance actionnariale du gouvernement gabonais

Au-delà du volet industriel, cette opération consacre une rupture dans la gouvernance de l’entreprise. Le gouvernement gabonais marque sa volonté de porter sa participation dans le capital de la filiale locale à 20%. Cette démarche fait suite à une première entrée au capital à hauteur de 10% réalisée en décembre 2025. Pour Libreville, cette montée en puissance actionnariale vise à obtenir un droit de regard direct. Elle s’inscrit dans la doctrine économique globale appliquée depuis août 2023, qui cherche à transformer les investissements étrangers d’envergure en copropriétés nationales, lit-on dans Challenge.

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Une réorientation stratégique pour CIMAF

Du côté de CIMAF, ce partenariat renforcé coïncide avec l’achèvement de sa réorientation stratégique globale. Le groupe d’Anas Sefrioui se désengage progressivement du marché européen, une dynamique confirmée par l’annonce simultanée de la cession de sa dernière cimenterie en France. Face à un marché européen jugé mature et soumis à de fortes pressions, le cimentier marocain choisit de concentrer ses capitaux sur le continent africain, où les besoins en urbanisation et en infrastructures de base (routes, ponts, logements) restent massifs.

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Une évolution des axes d’influence économique du Maroc

Cette transaction marque également une évolution des axes d’influence économique du Maroc. Historiquement plus implantés en Afrique de l’Ouest, les grands opérateurs privés marocains structurent désormais leur présence en Afrique centrale dans des secteurs industriels clés. Pour le Gabon, dont l’économie repose traditionnellement sur la rente pétrolière, cette alliance public-privé sert de laboratoire pour tester un modèle de diversification industrielle, conjuguant capitaux privés marocains, encadrement public gabonais et intégration économique régionale.