Les États-Unis réagissent à l’escalade des tensions avec l’Iran
Les États-Unis, qui n’ont pas encore officiellement commenté l’attaque récente, mènent une enquête approfondie, a déclaré le vice-président américain JD Vance. Ce dernier a exprimé son scepticisme face à la couverture médiatique iranienne concernant le conflit.
«Je dirais que les médias d’État iraniens n’ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s’est passé dans ce conflit jusqu’à présent. Je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet», a-t-il affirmé.
Reprise des hostilités
Après un mois de calme relatif, les tensions entre Washington et Téhéran ont éclaté à nouveau dimanche, suite à des frappes menées par l’armée américaine. Cette dernière a annoncé avoir ciblé des lance-roquettes que l’Iran aurait pu utiliser pour tirer des mines marines dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial.
En réponse, Téhéran a attaqué des installations américaines chez plusieurs de ses voisins du Golfe, continuant ainsi une stratégie adoptée depuis le début du conflit, qui a été déclenché par une offensive américano-israélienne le 28 février.
Malgré ces échanges d’attaques, le vice-président américain a évité de qualifier la situation de «guerre», un terme sensible à l’approche des élections législatives du 3 novembre. «Je n’appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n’y a pas d’échange de tirs», a-t-il déclaré, alors même que l’Iran poursuivait ses frappes contre des installations américaines dans la région.
Un bilan tragique
Une frappe sur un mariage à Kuhestak, dans le district de Sirik, a été imputée par l’Iran aux États-Unis, entraînant la mort de cinq personnes et blessant près de 70 autres. Les images de cette tragédie, montrant des décorations de fête parmi les débris et des traces de sang, ont circulé massivement sur les réseaux sociaux en Iran.
«Le sang pur de ces martyrs (…) ne restera pas impuni et sera certainement vengé», a promis Ahmad Vahidi, le commandant des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.
Au moins 19 personnes, dont sept militaires, ont été tuées lors des bombardements en Iran, un des bilans les plus lourds depuis le début des hostilités. Le pays a également signalé la mort de six membres de sa marine lors des frappes américaines, sans préciser s’ils figuraient parmi les victimes précédentes.
Jeudi, l’armée iranienne a affirmé avoir ciblé des infrastructures militaires américaines au Koweït, notamment des systèmes de communication par satellite et des dépôts d’équipements.
Réactions régionales et tensions croissantes
Les Émirats arabes unis ont également été touchés, avec des installations abritant des forces américaines signalées comme cibles. Le Koweït a dénoncé une «ignoble agression» et a affirmé que ses défenses avaient intercepté des missiles iraniens.
Le scénario répétitif des attaques et des représailles depuis le début du conflit souligne l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations pour y mettre un terme. Le détroit d’Ormuz, artère maritime vitale pour le commerce des hydrocarbures, est au cœur des affrontements, l’Iran perturbant le trafic depuis plusieurs mois.
Impacts économiques et perspectives
En réponse aux escalades, les États-Unis ont imposé un blocus naval aux ports iraniens. Selon JD Vance, le passage du pétrole et du gaz aurait «presque» retrouvé ses niveaux d’avant guerre dans le détroit. Toutefois, des données indépendantes indiquent que le trafic maritime reste bien en dessous des niveaux habituels.
Alors que le président américain tente de gérer ce conflit impopulaire, son administration mise sur une pression économique accrue, avec l’annonce de nouvelles sanctions visant les partenaires commerciaux de Téhéran. La montée de la violence a entraîné une hausse des prix du pétrole, le Brent atteignant plus de 95 dollars le baril.
Les investisseurs demeurent sceptiques quant à une normalisation rapide des flux énergétiques dans le détroit d’Ormuz, comme l’indique Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.