Un nouveau cap dans la lutte contre le changement climatique
L’an dernier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait déjà reconnu, tout comme de nombreux scientifiques, que le dépassement de la barre des 1,5°C était inévitable. Cependant, c’est la première fois qu’une agence des Nations unies examine les moyens de limiter les dégâts une fois cet objectif climatique franchi.
UN chief @antonioguterres urges world leaders at #COP30 to drive down global warming. https://t.co/aHQptOUqdA
— UN News (@UN_News_Centre) November 6, 2025
Les experts s’accordent à dire qu’un réchauffement dépassant 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle entraîne des risques significatifs. Près de 200 pays s’étaient engagés en 2015 à Paris à tenter de maintenir la hausse de la température mondiale sous ce seuil ambitieux.
Néanmoins, la planète devrait dépasser cet objectif dans les prochaines années, et l’attention se tourne désormais vers les meilleures façons de minimiser l’intensité et la durée de cette période de dépassement.
Dans un rapport récemment publié, le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) affirme clairement que l’objectif de 1,5°C ne sera pas atteint et que « le défi n’est plus d’éviter le dépassement, mais de le gérer ».
Global temperature rises to exceed 1.5 Celsius ‘within a few years’, UNEP says https://t.co/H4CNjqv1XT https://t.co/H4CNjqv1XT
— Reuters World (@ReutersWorld) September 2, 2026
Un appel à l’action
Richard Betts, coauteur du rapport et professeur à l’université britannique d’Exeter, a commenté : « C’est un retour à la réalité. Nous devons vivre avec ce monde plus chaud (…) mais il reste encore beaucoup à faire pour limiter le réchauffement ». Ce rapport met l’accent sur les réponses à apporter plutôt que de se contenter de constater l’évolution du phénomène.
Debra Roberts, co-auteure du rapport, a également souligné que les décideurs politiques doivent « prendre conscience que les règles du jeu sont en train de changer ». Les approches actuelles pour lutter contre le changement climatique ne sont plus adaptées et nécessitent une réinvention pour faire face à cette nouvelle réalité.
Les conclusions du rapport ont suscité des inquiétudes au sein des associations militantes qui se sont mobilisées autour de cet objectif de 1,5°C depuis son adoption dans l’Accord de Paris.
Réactions face à la situation actuelle
Jasper Inventor, directeur adjoint de programme chez Greenpeace International, a déclaré : « C’est un moment déchirant, mais ce dépassement n’est pas une raison pour baisser les bras et renoncer à l’objectif de 1,5°C ». En revanche, Bill Hare, climatologue et directeur de l’institut de recherche Climate Analytics, a critiqué le rapport, le qualifiant de potentiellement « appel à l’apathie » plutôt qu’à l’action.
Le monde s’est déjà réchauffé d’environ 1,4°C depuis la période 1850-1900, principalement en raison de la combustion des énergies fossiles. Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, tandis que les émissions de gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone et le méthane, continuent d’augmenter.
Les scientifiques avertissent qu’un dépassement de 1,5°C pourrait provoquer des événements météorologiques extrêmes et rapprocher la planète de points de basculement, tels que l’effondrement des calottes glaciaires et la disparition des récifs coralliens.
Inger Andersen, directrice exécutive de l’UNEP, a affirmé : « Il n’y aura aucune issue favorable si nous restons au-dessus de 1,5°C ». Elle a insisté sur la nécessité d’adapter les politiques pour sauver des vies et protéger la nature, ajoutant que « la lutte pour limiter le réchauffement à 1,5 degré, c’est la lutte pour l’humanité ».
“The fight for 1.5 degrees is the fight for humanity,” UN Secretary-General António Guterres warns.
A new @UNEP report says the world must double down on action now to avoid an oncoming climate catastrophe.https://t.co/IDE6XVBFIh— UN News (@UN_News_Centre) September 2, 2026
Pour limiter les dégâts, le rapport souligne que le piégeage du dioxyde de carbone sera essentiel, tout en appelant à des réductions rapides et profondes des émissions. Actuellement, la capture du carbone joue un rôle marginal dans la lutte contre le changement climatique, et sa recommandation a suscité des oppositions parmi certains groupes militants.
Lili Fuhr, du Centre pour le droit international de l’environnement (CIEL), a critiqué cette approche, déclarant : « La seule façon de minimiser les dégâts est de réduire les émissions dès maintenant (…) et non de retarder l’action avec des solutions technologiques spéculatives ».