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L'International

Vingt-cinq ans après le 11-Septembre : la visibilité des musulmans à New York en hausse

Par Martin Neuville · Publie le 4 septembre 2026 · 4 min de lecture

Une enfance marquée par le 11 septembre

Asad Dandia avait seulement huit ans lorsqu’il a été témoin des attentats du 11 septembre 2001 à la télévision, depuis le domicile de ses parents, immigrés pakistanais à New York. Cet événement tragique a déclenché une vague de méfiance, d’animosité et parfois de violence envers les musulmans, impactant durablement la communauté.

Une surveillance intrusive

À l’âge de 19 ans, Asad Dandia a découvert qu’un informateur de la police, se faisant passer pour un ami, avait infiltré son domicile familial. Ce fait s’inscrit dans un vaste dispositif de surveillance mis en place au nom de la lutte contre l’extrémisme islamiste. L’unité de police new-yorkaise chargée de cartographier les communautés musulmanes a été dissoute en avril 2014, suivie d’un accord judiciaire en 2017 qui a resserré les règles encadrant l’utilisation d’informateurs et instauré un contrôle civil sur ces pratiques.

Un constat d’évolution

Aujourd’hui, à 33 ans, Asad Dandia, récemment nommé historien officiel du borough de Brooklyn, observe avec satisfaction les transformations de sa ville. New York a élu son premier maire musulman, organise des prières publiques à Times Square et voit de nouvelles mosquées émerger dans divers quartiers. « Vingt-cinq ans après le 11 septembre, nous pleurons ce qui s’est passé, mais nous reconnaissons que nous n’en sommes pas responsables », déclare-t-il à l’AFP.

Une montée de l’islamophobie

Après 2001, les actes anti-musulmans ont considérablement augmenté aux États-Unis. Face à cette haine, de nombreux musulmans ont choisi de dissimuler leur appartenance religieuse en évitant de porter des signes visibles, comme le hijab. En parallèle, les autorités ont intensifié leur surveillance des communautés musulmanes, justifiant cela par la lutte contre l’extrémisme.

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Mohammed Razvi, un Américain d’origine pakistanaise, raconte : « Tout le monde était plongé dans la peur ». Pour éviter la stigmatisation, il a décidé de se faire appeler « Mo » plutôt que Mohammed. « Les musulmans, qui cherchaient simplement à vivre le rêve américain, étaient rendus responsables de quelque chose auquel ils n’étaient pour rien », déplore-t-il.

Une surveillance injustifiée

A New York, la police surveillait des centaines de musulmans dans le cadre de sa stratégie antiterroriste, y compris ceux qui n’étaient pas soupçonnés de délits. Asad Dandia a lui-même vécu cette réalité lorsqu’un jeune Bangladais, membre de l’association d’entraide qu’il avait créée, lui a révélé être un informateur de la police. « C’était terrifiant », se souvient-il, « Ma relation avec le monde qui m’entourait a volé en éclats ».

Des avancées significatives

Suite à son expérience, Asad Dandia et plusieurs organisations de défense des droits civiques ont obtenu un accord judiciaire historique. Cet accord interdit les enquêtes motivées par la religion ou l’origine ethnique, limite l’utilisation d’informateurs et crée une instance civile pour contrôler le respect de ces garanties. Gadier Abbas, avocat au Conseil des relations américano-musulmanes, souligne que le programme de surveillance de la police new-yorkaise illustre l’hystérie anti-musulmane post-11 septembre, mais il reste optimiste quant à l’avenir.

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Une communauté en pleine visibilité

Les musulmans de New York constituent désormais une force culturelle, sociale et politique plus visible. Une étude de 2016 estimait leur nombre à environ 768 767, soit près de 9% de la population new-yorkaise. Le nouveau Muslim Center de Van Nest, qui devrait ouvrir d’ici la fin de 2026, est présenté comme la plus grande mosquée de l’État de New York.

Un maire musulman à la tête de New York

Zohran Mamdani, élu en tant que 112e maire de New York, est le premier musulman à occuper ce poste. Il a prêté serment sur un Coran et affiche sa foi lors des célébrations religieuses. Malgré les attaques dont il fait l’objet, notamment de la part de certains responsables politiques, il a confirmé sa présence aux commémorations du 11 septembre, soulignant que l’événement doit rester centré sur les victimes et les secouristes.

Un avenir plein d’espoir

Asad Dandia reconnaît que l’islamophobie persiste, mais il est convaincu des progrès réalisés par les musulmans new-yorkais. « J’ai vu grandir notre pouvoir institutionnel, mais j’ai aussi entendu d’autres New-Yorkais, qui ne sont pas musulmans, reconnaître que nous faisons tous partie de cette ville », conclut-il.