État de l’inflation au Maroc : une tendance modérée jusqu’à fin 2026
L’inflation au Maroc reste modérée et devrait se maintenir à ce niveau jusqu’à la fin de l’année en cours. Toutefois, cette accalmie ne sera que temporaire, car une hausse des prix est prévue dès 2027.
Analyse des prix à la consommation
Au cours des huit premiers mois de 2026, la hausse des prix a été particulièrement faible, avec une moyenne de 0,3%, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP). Cette stabilité s’explique principalement par la baisse des prix de certains produits alimentaires, qui a influencé l’indice général des prix à la consommation durant cette période.
Prévisions alimentaires et impact sur l’inflation
Les prévisions de BMI/Fitch Solutions confirment cette tendance, signalant un changement significatif dans la composante alimentaire. En effet, celle-ci est passée d’une hausse de 2% en glissement annuel au premier semestre 2025 à une déflation de 1% au premier semestre 2026. Étant donné que l’alimentation représente plus de 38% du panier moyen des ménages marocains, son rôle est crucial dans l’inflation globale. Pour l’ensemble de l’année 2026, l’inflation devrait se stabiliser autour de 0,7% en moyenne annuelle.
Anticipation d’une hausse en 2027
La banque centrale prévoit une accélération de l’inflation en 2027, avec un taux prévu à 1,5%, principalement en raison de la composante sous-jacente de l’indice, qui exclut les prix volatils et ceux réglementés.
Facteurs influençant l’inflation sous-jacente
Cette composante sous-jacente pourrait connaître une augmentation significative, passant de -0,2% cette année à 2,2% en 2027. Deux facteurs principaux expliquent cette tendance : la dissipation de l’impact de la contraction de la composante alimentaire, notamment les prix de l’huile d’olive, et la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé.
Risques potentiels pour l’économie marocaine
BMI/Fitch Solutions identifie plusieurs risques qui pourraient déstabiliser cette trajectoire modérée, tels que le risque de change et les aléas climatiques. En effet, une monnaie plus faible pourrait accentuer les pressions inflationnistes, surtout dans un régime de change plus flexible que celui des pays arrimés au dollar.
Conséquences des conditions climatiques et des marchés internationaux
Le Maroc pourrait également faire face à une production agricole domestique réduite si les conditions climatiques se détériorent en 2027. Cette situation serait distincte des risques liés à l’évolution des prix alimentaires mondiaux. Étant donné que le Maroc reste dépendant de ses importations alimentaires, une nouvelle hausse des cours mondiaux, possiblement influencée par El Niño, pourrait propulser l’inflation au-delà des prévisions actuelles.
Le taux directeur maintenu jusqu’à fin 2027
Malgré cette prévision d’accélération de l’inflation, BMI/Fitch Solutions s’attend à ce que Bank Al-Maghrib maintienne ses taux directeurs inchangés jusqu’à fin 2027. Les taux d’inflation devraient rester sous la barre des 2%, ce qui réduit la pression en faveur d’un resserrement monétaire.
Historique des cycles de resserrement de Bank Al-Maghrib
Ce scénario repose sur l’historique des cycles de resserrement de Bank Al-Maghrib. Depuis 1995, l’institution n’a engagé que deux cycles de hausse de taux, en 2008-2009 et en 2022-2024, lors desquels l’inflation atteignait en moyenne 4,4% et 8,3% respectivement. Avec des prévisions d’inflation de 0,7% en 2026 et 1,5% en 2027, ces seuils historiques restent largement hors de portée, soutenant l’hypothèse d’un statu quo prolongé sur le taux directeur.