lundi 19 octobre 2026
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Economie

Le Conseil de la concurrence présente un bilan critique d’une année exceptionnelle

Par Laura Tournon · Publie le 19 octobre 2026 · 4 min de lecture

Bilan 2025 du Conseil de la concurrence : Un regard sur l’activité et les défis

L’année 2025 a été marquée par une intensification notable des activités du Conseil de la concurrence, qui a publié un rapport annuel détaillant ses interventions. Au cours de cette période, la juridiction administrative a rendu deux cent deux décisions et avis, témoignant d’une vigilance accrue sur le fonctionnement des marchés nationaux. Cette dynamique indique une volonté ferme de réguler en profondeur le tissu économique, de préserver un environnement loyal pour tous les acteurs et de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, face aux dérives antitrust, selon le magazine Finances News Hebdo.

Le contrôle des concentrations économiques : un enjeu majeur

Au cœur de ce dispositif, le contrôle des concentrations économiques se présente comme le chantier central de l’institution, avec cent quatre-vingt-dix décisions formelles à son actif, représentant une augmentation de plus de 17% par rapport à l’exercice précédent. Cette tendance illustre la persistance des restructurations et des investissements de capitaux.

Les volumes financiers en jeu

La quasi-totalité de ces opérations a reçu le feu vert du régulateur, avec des engagements financiers dépassant les deux mille milliards de dirhams. Il est à noter que la majorité de ces montants provient d’opérations internationales, impliquant des entités étrangères, même si des sommes significatives ont également soutenu le tissu entrepreneurial marocain.

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Sanctions et respect des règles de marché

Sur le plan du contentieux et du respect strict des règles de marché, le gendarme de la concurrence a fait preuve d’une fermeté renouvelée, en infligeant des sanctions pécuniaires globales dépassant les 43 millions de dirhams. Plusieurs dossiers emblématiques ont retenu l’attention, notamment les manquements dans la réalisation d’opérations sans notification préalable. L’institution est également intervenue dans le secteur en pleine expansion des plateformes de livraison de repas. L’accord transactionnel conclu avec l’opérateur Glovo en est un bon exemple, imposant la suppression des clauses d’exclusivité jugées restrictives et instaurant une plus grande transparence sur les algorithmes de classement, ainsi qu’un plafonnement strict des commissions appliquées aux commerçants partenaires.

Rôle consultatif du Conseil

En parallèle de sa fonction répressive, le Conseil a également exercé son rôle consultatif en émettant une série d’avis stratégiques sur des secteurs sensibles de l’économie nationale. Les analyses portant sur les circuits de distribution alimentaire ont mis en lumière des tensions significatives concernant les marges brutes de certains produits de grande consommation. Face à ces déséquilibres entre fournisseurs et grands distributeurs, le rapport préconise un encadrement plus rigoureux des relations commerciales ainsi qu’une transparence accrue sur la formation des prix, afin de garantir l’équité des échanges au bénéfice du consommateur final, comme l’indique Finances News Hebdo.

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Défis dans les marchés industriels clés

Les réflexions concernant les marchés industriels clés, tels que le ciment, le rond à béton et la meunerie, révèlent d’importants défis structurels. Dans le secteur cimentier, la forte concentration des capacités de production et l’existence de barrières à l’entrée substantielles entravent le libre jeu de la concurrence. Les filières céréalières, quant à elles, souffrent d’une dépendance aux importations et d’un système de subventions créant parfois des distorsions de marché. Pour remédier à ces problèmes, l’institution recommande un meilleur ciblage des aides publiques et une refonte progressive des mécanismes d’appui à la transformation.

Analyse du secteur pharmaceutique et de la chaîne de santé

Le secteur pharmaceutique et l’ensemble de la chaîne de santé ont été soumis à un diagnostic rigoureux, mettant en lumière les fragilités financières qui affectent les relations entre grossistes-répartiteurs et pharmaciens d’officine. La compression des marges et le poids des charges d’exploitation imposent une modernisation rapide de la chaîne d’approvisionnement des médicaments. Le régulateur préconise ainsi une réforme globale des modes de rémunération, une révision drastique des prix, ainsi qu’une promotion accrue des médicaments génériques. Ce travail ambitieux a mobilisé toutes les formations du Conseil, qui a tenu pas moins de trois cents réunions tout au long de l’année pour mener à bien ces missions.