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Economie

PLF 2027 : Équilibre entre Cap Social et Rigueur Budgétaire

Par Laura Tournon · Publie le 10 août 2026 · 5 min de lecture

L’Agenda Financier du Royaume : Une Feuille de Route Ambitieuse pour 2027

L’agenda financier du Royaume reste ferme, insensible aux fluctuations de l’actualité politique ou électorale. Le gouvernement met en œuvre le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, en diffusant sa note de cadrage, qui sert de véritable feuille de route à l’ensemble des départements ministériels. Ce document essentiel définit les orientations budgétaires de l’État autour de quatre axes principaux : la consolidation des acquis économiques, la résorption des disparités territoriales, le renforcement des fondations de l’État social et le déploiement continu des grandes réformes structurelles, tout en veillant à la maîtrise des équilibres des finances publiques, comme le rapporte le magazine hebdomadaire Challenge.

Un Tableau Macroéconomique Résilient

En introduction, le gouvernement dresse un tableau macroéconomique jugé résilient et prometteur. L’année 2026 a été marquée par un rebond significatif de la croissance économique, attendue à 5,3 % grâce à une reprise spectaculaire de la valeur ajoutée agricole, estimée à 15,1 %. Pour 2027, la croissance devrait suivre une trajectoire plus modérée mais structurante, projetée à 4,1 %, principalement soutenue par le dynamisme des activités non agricoles. Cette orientation vise à protéger le pays contre la volatilité des aléas climatiques et de la conjoncture internationale.

État des Échanges Extérieurs

Concernant les échanges extérieurs, le déficit commercial demeure sous pression, malgré une activité soutenue. Les exportations ont progressé de 9,7 % à la fin juin 2026, tandis que les importations ont connu une hausse de 15,3 %. Heureusement, cette situation est compensée par une bonne tenue des rentrées de devises. En effet, les recettes touristiques ont bondi de 15,9 %, les transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger ont augmenté de 9,9 %, et les flux d’investissements directs étrangers ont enregistré une hausse prometteuse de 14,4 %, comme indiqué dans Challenge.

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Modernisation des Infrastructures et Attractivité Industrielle

Pour soutenir ce dynamisme, la note de cadrage met l’accent sur la modernisation des infrastructures et le renforcement de l’attractivité industrielle. L’objectif phare est la montée en charge de la Charte des investissements, visant à élever l’investissement global à un niveau moyen équivalent au tiers du produit intérieur brut d’ici 2035. Pour réaliser cette ambition en 2027, le gouvernement envisage de grands chantiers de transport, tels que le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech sur 430 kilomètres, le développement du réseau de trains équivalents RER, et l’avancement des aménagements aéroportuaires dans le cadre du plan Aéroports 2030, souligne Challenge.

Performances Industrielles et Transition Énergétique

Ces orientations reposent sur des performances industrielles déjà remarquables. Par exemple, les exportations du secteur ont atteint 408 milliards de dirhams en 2025, marquant une hausse de 45 % par rapport à 2021, largement soutenues par les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, qui représentent à eux seuls 40 % du total expédié. En parallèle, la transition énergétique progresse avec une part des énergies renouvelables dépassant désormais 46 % du mix électrique.

Résorption des Fractures Spatiales

En parallèle du développement économique, la résorption des fractures spatiales constitue un second pilier d’action. Une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré est annoncée, mobilisant une enveloppe budgétaire colossale approchant les 210 milliards de dirhams sur huit ans. Ce plan vise à renforcer l’autonomie financière des collectivités régionales et à accroître leurs capacités de réponse face aux risques de catastrophes naturelles, comme le mentionne Challenge.

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Engagement Social et Protection des Populations

Sur le plan social, l’exécutif souhaite consolider les chantiers stratégiques initiés ces dernières années. La généralisation de la protection sociale franchit de nouvelles étapes, avec une couverture médicale obligatoire atteignant désormais 87 % de la population, contre 42 % précédemment. Le système d’aide sociale directe a été étendu pour bénéficier à plus de quatre millions de foyers et cinq millions d’enfants, représentant un engagement récurrent de 2,2 milliards de dirhams par mois.

Amélioration des Infrastructures Publiques

Les infrastructures publiques font également l’objet d’efforts significatifs : la réhabilitation du réseau de santé vise à remettre à niveau 1.600 structures de soins, tout en avançant sur les centres hospitaliers universitaires régionaux. Dans le secteur éducatif, le gouvernement poursuit l’extension du préscolaire et le déploiement du concept des écoles pionnières, qui devrait toucher plus de 6.500 établissements primaires en 2026-2027, permettant d’atteindre une large couverture du primaire et du collège. La formation professionnelle est également renforcée avec l’ouverture prochaine de trois nouvelles cités des métiers et des compétences, notamment à Fès et Errachidia, dans le cadre d’un réseau appelé à s’enrichir de neuf structures supplémentaires.

Soutien au Pouvoir d’Achat et Logement

L’effort social se manifeste également par le maintien des soutiens directs au pouvoir d’achat. Une enveloppe de 13,2 milliards de dirhams sera allouée en 2027 à la subvention du gaz butane, du blé tendre et du sucre via la Caisse de compensation. En matière de logement, le dispositif d’aide directe a profité à 110.000 familles depuis 2024, pour un montant total de 9,1 milliards de dirhams. Par ailleurs, le programme Villes sans bidonvilles affiche un taux de réalisation de 76 %, permettant le relogement de plus de 314.000 ménages.