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Economie

Prévisions du FMI : Croissance de 4,5 % en 2026, mais l’économie face aux fluctuations des marchés mondiaux

Par Laura Tournon · Publie le 15 octobre 2026 · 4 min de lecture

Prévisions économiques du Maroc par le FMI

Dans ses récentes prévisions concernant l’économie mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) dresse un tableau positif mais prudent de l’activité économique au Maroc. L’institution de Bretton Woods prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4,5 % en 2026, après une estimation à 4,9 % pour l’année 2025. Bien qu’une légère baisse à 4 % soit anticipée pour 2027, le Royaume se maintient au-dessus des moyennes mondiales, qui devraient se stabiliser à 3,1 % pour 2026 et 3,4 % pour 2027. «Cette trajectoire témoigne de la capacité du pays à maintenir un niveau d’activité soutenu, en dépit d’un contexte macroéconomique international perturbé par la multiplication des chocs géopolitiques et commerciaux», mentionne le quotidien Les Inspirations Eco du 15 octobre.

Stabilité macroéconomique et évolution des prix

Cette dynamique positive s’accompagne de signes encourageants en matière de stabilité macroéconomique. En premier lieu, la maîtrise de l’évolution des prix est particulièrement notable. Alors que l’inflation mondiale devrait atteindre 4,7 % en 2026, en raison de la hausse des coûts énergétiques et alimentaires, la hausse des prix à la consommation au Maroc devrait rester contenue à 0,9 %, avant d’atteindre légèrement 1,4 % en 2027. Parallèlement, le marché du travail pourrait connaître une amélioration, avec un taux de chômage prévu à 12,2 % en 2026, puis à 11,3 % en 2027, contre 13 % en 2025. Bien que ces perspectives indiquent une amélioration de l’emploi, elles ne garantissent pas nécessairement la qualité des emplois créés ni leur répartition équitable au sein de la population.

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Dégradation des équilibres extérieurs

Malgré cette vitalité économique, les équilibres extérieurs du Maroc se détériorent, ce qui constitue une préoccupation majeure. Le déficit du compte courant devrait atteindre 4,9 % du PIB en 2026, en hausse par rapport à 2,4 % l’année précédente, marquant ainsi une aggravation significative de 2,5 points en un an. Bien qu’une légère amélioration soit envisagée à 4,1 % en 2027, le besoin de financement extérieur restera nettement plus lourd qu’auparavant. «Pour une économie structurellement importatrice de ressources brutes comme le Maroc, ce déséquilibre reflète une sensibilité directe aux fluctuations des marchés mondiaux, à la volatilité des matières premières et aux tensions qui pèsent sur l’approvisionnement mondial», souligne Les Inspirations Eco.

Vulnérabilité face à la facture énergétique

La facture énergétique demeure le principal facteur de vulnérabilité de cette trajectoire économique. Les analystes du FMI estiment que le prix du baril de pétrole sera de 95,74 dollars en 2026 et de 87,39 dollars en 2027. Des prix élevés pèsent considérablement sur les coûts de production et les finances publiques. Bien que l’économie mondiale ait montré une certaine capacité d’adaptation grâce à la diversification des sources de ravitaillement et à l’efficacité énergétique, la résilience face à de nouveaux chocs pétroliers pourrait s’affaiblir. Dans ce contexte, les tensions persistantes au Moyen-Orient augmentent le risque d’une hausse imprévisible des coûts d’importation, impactant les ménages et les entreprises.

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Réflexion sur les interventions publiques

Face à la menace de crises répétées du coût de la vie, le rapport du FMI propose une analyse approfondie des instruments d’intervention publique. L’institution souligne l’inefficacité relative des subventions généralisées sur les produits de première nécessité, qui nécessitent entre 3 et 22 fois plus de ressources budgétaires que des aides financières ciblées. Le FMI encourage donc les gouvernements à abandonner les soutiens aveugles en faveur de transferts monétaires directs et temporaires, qui seraient plus efficaces pour protéger le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables, tout en assurant la viabilité des finances publiques à long terme.

Un contexte économique mondialisé et polarisé

Ces projections s’inscrivent dans un environnement économique mondial de plus en plus polaire, marqué par un repli commercial d’un côté et une accélération technologique de l’autre. La multiplication des barrières douanières et des conflits géopolitiques entrave les échanges traditionnels, tandis que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle stimulent la productivité des nations avancées. Ce contexte favorise les économies intégrées aux chaînes de valeur technologiques, tandis que les pays dépendants des importations énergétiques se voient exposés à des coûts croissants. En définitive, bien que le Maroc parvienne à maintenir une croissance solide, la fragilisation de son compte courant souligne l’importance de renforcer ses fondamentaux face aux incertitudes mondiales.