Un nouveau pacte autour du travail pour le Maroc
À l’approche des élections législatives, il est essentiel que les partis politiques s’éloignent de la surenchère des promesses. Le Maroc mérite un véritable pacte centré sur le travail et non sur une compétition de chiffres.
Le débat public en pleine effervescence
Le débat public s’intensifie, ce qui est normal lors d’élections. Ce moment doit être consacré à la confrontation des visions, des projets et des choix qui façonneront notre avenir collectif.
Des promesses sociales à questionner
J’éprouve des inquiétudes face à la multiplication des promesses sociales. Bien que généreuses par intention, elles sont souvent muettes sur leur financement et leurs conséquences.
Des enjeux cruciaux autour de l’emploi
Les discours évoquent la création d’emplois, l’amélioration du pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires. Certains avancent même l’idée d’un salaire minimum de 5 000 dirhams.
Cette proposition, bien que compréhensible, soulève une question fondamentale : comment augmenter le revenu du travailleur sans alourdir le coût du travail pour les créateurs d’emplois?
Une question sociale, économique et politique
Il ne s’agit pas uniquement d’une question comptable, mais d’une problématique qui touche aux aspects sociaux, économiques et politiques.
Le coût de l’emploi : une question centrale
Le véritable enjeu réside dans la compréhension de la dynamique entre le coût d’un emploi et la valeur qu’un travailleur rapporte. Cette distinction est essentielle pour éviter de fragiliser les entreprises, notamment les plus petites, qui ont moins de capacités d’absorption face à une augmentation du coût du travail.
Les petites entreprises face à des défis
Qu’en est-il des TPE, des PME, des commerçants, des restaurateurs et des artisans ? Pour eux, une augmentation de quelques centaines de dirhams par salarié peut décider entre recruter ou non, investir ou rester dans l’informel.
Vers une meilleure politique sociale
Il est impératif de distinguer le revenu du travailleur du coût du travail. Cette distinction est non seulement une question de justice sociale, mais également une condition sine qua non à la création d’emplois.
Rouvrir le débat sur la TVA sociale
Je souhaite relancer un débat écarté trop rapidement : la TVA sociale. Ce concept envisage de financer une partie de la protection sociale en augmentant la contribution de la consommation tout en réduisant les prélèvements sur le travail.
Un pacte innovant pour revaloriser le travail
Imaginons un modèle où la revalorisation du travail s’accompagne d’une diminution des charges patronales sur les bas et moyens salaires. L’idée est de faire peser moins de charges sur la création d’emplois tout en finançant durablement la protection sociale.
Rendre le travail rentable pour tous
Notre priorité devrait être de rendre le travail rentable non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour les employeurs et pour la collectivité. En cherchant à renchérir le coût du travail, nous risquons de freiner les embauches, d’encourager l’informalité et de réduire notre compétitivité.
«Le débat sur la TVA sociale mérite d’être rouvert sérieusement, sans dogme, avec les partenaires sociaux, les entreprises, les salariés et les économistes.»
— Jamal Belahrach
Un appel aux partis politiques
À l’occasion de cette campagne, j’invite les partis politiques à faire preuve d’audace. Vous avez le droit de promettre, mais vous devez aussi expliquer comment vous envisagez de financer vos propositions.
Une nouvelle intelligence sociale pour le Maroc
Le Maroc a déjà engagé des transformations majeures en matière de protection sociale. Il est temps de s’interroger sur leur financement et sur la place du travail dans notre modèle économique.
- Un salarié mieux rémunéré;
- Une entreprise encouragée à recruter;
- Une protection sociale durablement financée;
- Des TPE, PME et ménages fragiles protégés.
Réinventer le système économique
Ne nous contentons pas de promettre davantage. Réinventons le système. La question n’est pas simplement d’augmenter le salaire minimum, mais de construire un modèle qui favorise une meilleure rémunération du travail tout en réduisant le coût de la création d’emplois.
Un débat nécessaire pour l’avenir du Maroc
Les partis politiques doivent avoir le courage d’ouvrir ce débat devant les Marocaines et les Marocains. Ce n’est pas en promettant plus que nous avancerons, mais en expliquant mieux. Le Maroc a besoin d’une nouvelle intelligence sociale pour construire un avenir durable.
Le temps de l’audace
Le moment est venu de laisser place à la réflexion audacieuse : celle de proposer, d’arbitrer et de réinventer notre modèle social et économique.