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Syrie : Formation du Premier Parlement Post-Assad par le Président

Par Martin Neuville · Publie le 2 juillet 2026 · 4 min de lecture

Le nouveau Parlement en Syrie : une étape vers la rédaction d’une nouvelle Constitution

Le renouveau politique se dessine en Syrie. Un nouveau Parlement de 210 membres a été instauré, avec pour mission principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour ce pays, qui tente de se relever d’une longue période de guerre civile.

Changement de gouvernance

En 2024, une coalition islamiste a pris le pouvoir, mettant fin au règne de Bachar al-Assad. Le nouveau président a alors dissous l’Assemblée du peuple, qui avait longtemps été considérée comme une simple chambre d’enregistrement du pouvoir. Une Déclaration constitutionnelle a été proclamée en mars 2025, prévoyant une période de transition de cinq ans, à l’issue de laquelle des élections seront organisées.

La première réunion de ce nouveau Parlement est prévue pour le 6 juillet, comme l’a annoncé Mohammad Taha al-Ahmad, président de la Haute commission électorale, lors d’une conférence de presse à Damas.

Composition du Parlement

Sur les 70 députés nommés, on dénombre 15 femmes, dont Rouzaina Lazkani, actrice du petit écran, et Aïcha al-Debs, qui a été la première femme à occuper un poste public après l’arrivée au pouvoir de la coalition islamiste. On retrouve également dans cette liste Anas al-Abdé, ancien leader de l’opposition en exil, ainsi que 13 anciens détenus des prisons de Bachar al-Assad, dont Hassan Soufan, un ancien islamiste qui a passé 12 ans dans les célèbres geôles de Saydnaya.

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La Syrie en transition

La mise en place de ce Parlement marque le début d’une nouvelle ère pour la Syrie, comme le souligne Maher Tamran, chercheur politique : «La Syrie passe progressivement de la gestion de crise à la réhabilitation des institutions». Cette instauration n’est pas la fin de la période de transition, mais le début du véritable test de cette transition.

Claudio Cordone, l’envoyé spécial adjoint des Nations Unies pour la Syrie, a également salué cette étape importante dans la transition politique de la Syrie. La représentation des femmes au sein de l’Assemblée dépasse désormais 10%.

Critiques et contestations

Malgré ces avancées, des organisations de la société civile ont critiqué le processus de désignation des membres du Parlement, dénonçant une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président Chareh. Elles ont également relevé une représentation insuffisante des composantes ethniques et religieuses du pays, ainsi que des femmes.

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Le président syrien a insisté sur le caractère transitoire du processus, lié aux circonstances que traverse la Syrie, arguant que la présence d’un grand nombre de Syriens à l’étranger sans documents en règle complique la tenue d’élections au suffrage direct.

Processus de nomination

Les régions kurdes, principalement dans le nord-est, et la province druze de Soueïda, dans le sud, n’ont pas participé à ce processus, pour des raisons de sécurité. Les premières ont désigné en mai leurs représentants, plusieurs mois après la conclusion d’un accord sur l’intégration des Kurdes dans les institutions de Damas. Des partis kurdes ont dénoncé un processus de nomination qui ne reflète pas la volonté libre des Kurdes

La province de Soueïda, qui échappe au contrôle des autorités centrales, n’a toujours pas désigné ses membres. Le président syrien a désigné deux personnes de cette région, théâtre en juillet 2025 de violences ayant fait plus de 2.000 morts, majoritairement druzes, selon l’Observatoire syrien des droits humains.

«Nous organiserons des élections dans cette province lorsque les conditions seront favorables», a précisé Mohammad Taha al-Ahmad.