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Syrie : L’intégration officielle de l’administration kurde aux institutions de l’État

Par Martin Neuville · Publie le 22 août 2026 · 4 min de lecture

Intégration des Forces Démocratiques Syriennes dans l’État Syrien

Cette annonce fait suite à des mois de négociations qui ont abouti à un accord signé en janvier entre les Kurdes et les nouvelles autorités islamistes, qui ont renversé le président Bachar al-Assad. Cet accord prévoit l’intégration complète des institutions kurdes dans l’appareil d’État syrian.

Achèvement de la Phase d’Intégration

«La phase d’intégration des institutions militaires, sécuritaires et administratives aux institutions nationales de l’État est achevée», a déclaré M. Abdi, chef des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), lors des célébrations du centenaire de la fondation de la ville de Qamichli, située dans le nord-est de la Syrie.

Une Nouvelle Étape

«Nous entamons désormais une nouvelle phase», a-t-il affirmé, ajoutant que «notre lutte se poursuivra afin de faire inscrire dans la Constitution les droits légitimes de notre peuple». Le Parlement a pour mission de rédiger ce texte avant la fin de la période de transition, qui devrait durer cinq ans.

Contexte de l’Accord

L’accord de janvier, signé par M. Abdi et le président Ahmad al-Chareh, a été établi après des affrontements entre les combattants kurdes syriens et les nouvelles autorités. Ces combats avaient entraîné la perte par les Kurdes de vastes territoires dans le nord et le nord-est, riches en pétrole, les confinant à des zones majoritairement kurdes principalement dans la province de Hassaké.

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Reconnaissance des Droits Kurdes

Dans un contexte de violences, Ahmad al-Chareh a signé en janvier un décret reconnaissant les droits nationaux des Kurdes et établissant le kurde comme langue nationale, une mesure sans précédent depuis l’indépendance de la Syrie en 1946.

Nominations Stratégiques

Suite à cet accord, le président Chareh a nommé Nour Eddine Ahmad Issa, un Kurde originaire de Qamichli, gouverneur de Hassaké, et Siban Hamo, un commandant militaire kurde, adjoint du ministre de la Défense pour la région orientale.

Entrée des Forces Gouvernementales

Depuis la mise en œuvre de l’accord, les forces gouvernementales ont pris le contrôle des villes de Hassaké et de Qamichli, ainsi que de l’aéroport de Qamichli et de champs pétroliers stratégiques. Cette situation fait suite à l’établissement d’une administration autonome par les Kurdes en raison du chaos provoqué par la guerre civile en Syrie depuis 2011.

Défaite de l’État Islamique

Avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, les FDS ont réussi à vaincre le groupe jihadiste État islamique, qui avait pris le contrôle de vastes territoires à partir de 2014. À cette époque, la force comptait environ 100 000 combattants, composés principalement de Kurdes et d’Arabes.

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Changement de Soutien

Après l’arrivée au pouvoir d’Ahmad al-Chareh, Washington est devenu un soutien clé des efforts de ce nouveau président pour unifier le pays. Les Kurdes ont perdu une grande partie de leurs combattants arabes qui ont rejoint les nouvelles autorités. Les effectifs des forces kurdes sont alors tombés à environ 50 000 hommes, selon le chercheur Fabrice Balanche.

Engagement des Jeunes Kurdes

Dans son discours, M. Abdi a souligné que «des milliers de jeunes hommes et femmes kurdes» avaient soutenu les FDS depuis «d’autres parties du Kurdistan», faisant référence à des zones d’Iran, d’Irak et de Turquie.

Marginalisation des Kurdes

Avant le début de la guerre civile, les Kurdes, représentant environ 15 % de la population, ont longtemps souffert de marginalisation et de persécutions. Ils n’avaient pas le droit d’enseigner leur langue ni de célébrer leurs traditions, et des milliers d’entre eux ont été déchus de leur nationalité.

Analyse de la Situation Actuelle

«La dissolution des FDS marque une fin amère», a déclaré Mutlu Civiroglu, expert de la question kurde. Selon lui, ces forces, bien organisées et entraînées, auraient pu servir de modèle au sein du nouvel État, mais elles symbolisent désormais la fin d’une époque pour la puissance kurde en Syrie.