L’Édition Annuelle des Exercices Militaires
L’édition de cette année, qui se déroulera sur 11 jours, intègre l’expérience acquise par les troupes nord-coréennes en collaboration avec l’armée russe sur le front ukrainien.
Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social, a formulé des critiques à l’égard des exercices militaires, ajoutant à une liste déjà longue de reproches adressés à des alliés historiques des États-Unis depuis son retour à la Maison Blanche en 2025.
Dans son message, Donald Trump qualifie ces exercices de « coûteux » et estime qu’ils « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » à l’égard de la Corée du Nord.
Il ajoute que ce pays, « depuis que Donald Trump est président, s’est montré non menaçant et respectueux ».
Les exercices, nommés « Ulchi Freedom Shield », devaient initialement mobiliser 18 000 soldats sud-coréens ainsi que des effectifs américains d’environ 28 500 hommes stationnés sur le territoire.
Le ministère de la Défense sud-coréen a indiqué que ces manœuvres avaient débuté « comme prévu ».
Aguerrissement et Stratégie
Ces exercices réguliers sont essentiels pour les forces armées sud-coréennes et leurs alliés américains, visant à renforcer la défense contre une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire et multipliant les essais de missiles.
Cette année, l’accent sera mis sur l’aguerrissement, en tenant compte des leçons apprises par Pyongyang sur le front ukrainien, dans le cadre d’un rapprochement stratégique avec Moscou.
Le colonel Ryan Donald, porte-parole du Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes, a souligné que « Ils en ont tiré des enseignements et les ont rapportés en Corée du Nord ».
🇰🇷🇺🇸 South Korea and the United States will hold the annual Ulchi Freedom Shield exercise from August 17–27, involving around 18,000 South Korean troops.
This year’s drills will place greater emphasis on counter-drone operations, GPS disruption, electronic warfare, and… pic.twitter.com/3lzmRIZG2S— Global Defense Insight (@Defense_Talks) August 10, 2026
L’officier a ajouté que cela modifie les capacités de la RPDC, et que l’entraînement doit prendre en compte cette menace, notamment en matière d’usage de drones, de cyberattaques et de brouillage GPS.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a récemment accusé Pyongyang de préparer l’envoi de 30 000 à 50 000 soldats supplémentaires pour soutenir les forces russes, sans fournir de précisions sur ces chiffres ou leur calendrier.
Les médias d’État nord-coréens ont rapporté que Kim Jong Un avait exprimé sa fierté pour sa relation avec la Russie dans une lettre adressée au président Vladimir Poutine.
Critiques de Trump sur la Corée du Sud
Sur Truth Social, Donald Trump a évoqué la non-participation de Séoul aux opérations militaires américaines contre l’Iran pour justifier une réduction des efforts militaires américains.
Il a déclaré : « Bien que ce soit relativement sans rapport (?), j’ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s’ils voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d’Iran et ils ont dit +Non merci!+ ».
Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, a affirmé que Donald Trump souhaitait se concentrer sur la résolution de « la question nord-coréenne ».
Lee Jae Myung, perçu comme conciliant envers la Corée du Nord, adopte une approche différente de son prédécesseur, en proposant des pourparlers sans conditions préalables depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025. Cependant, les autorités nord-coréennes n’ont pas encore répondu à ces propositions.
Relations Trump-Kim Jong Un
La veille de son message, Donald Trump a partagé sur Truth Social une image de sa rencontre avec Kim Jong Un en 2019, lors de son premier mandat.
Il a commenté : « Malgré les apparences peu amicales sur cette photo en particulier, il y en a beaucoup où nous sourions », ajoutant : « Kim Jong Un et moi, nous nous entendons TRES BIEN! ».
Pyongyang a dénoncé les exercices militaires conjoints à venir entre Washington et Séoul, menaçant de réactions par des mesures « de dissuasion » renforcées.
La Corée du Nord perçoit ces manœuvres comme une répétition en vue d’une invasion, ayant même tiré un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation.
Un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a déclaré : « Notre principe constant, pour garantir la sécurité, est de répondre à un nouveau niveau de menace par un nouveau niveau de dissuasion ».
Le professeur Leif-Eric Easley, spécialiste des études internationales à l’université Ewha de Séoul, a averti qu’une réduction des manœuvres conjointes « affaiblira la dissuasion face à d’éventuels conflits en Asie ». Il souligne que les économies réalisées « sont marginales, tandis que les avantages diplomatiques pour les relations avec la Corée du Nord sont incertains ».