Une mise en garde sévère
Le président américain a récemment déclaré sur son réseau social Truth Social : « J’annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d’offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l’Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques ». Ce message souligne une volonté de maintenir la pression sur Téhéran.
Dans un message plus long, le président annonce « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise » et exige la cessation immédiate de la contrebande de pétrole, des échanges de devises, ainsi que des transferts de liquidités. Bien qu’il n’ait pas mentionné de pays spécifiques, son avertissement vise clairement à dissuader toute forme de soutien à l’Iran.
La semaine précédente, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait déjà menacé l’Iran d’un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu ».
Des tensions croissantes au Moyen-Orient
Suite à une attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a réagi en lançant des frappes sur des pays voisins alliés de Washington et en verrouillant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transit des hydrocarbures. En réponse, les États-Unis ont mis en place un blocus sur les ports iraniens.
Malgré une récente réduction des hostilités, les tensions demeurent élevées, six mois après le début du conflit. Les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques, qui sont tombés en mer, visant prétendument « la navigation maritime ». Téhéran a démenti ces accusations.
🇦🇪🚨 Les Émirats arabes unis ont accusé mardi l’Iran d’avoir tiré vers leur territoire deux missiles balistiques, qui sont toutefois tombés en mer. https://t.co/x03blAB41B
— L’Orient-Le Jour (@LOrientLeJour) August 18, 2026
En réaction, la diplomatie émiratie a suspendu jusqu’à nouvel ordre « tous les échanges commerciaux et les transactions financières » avec l’Iran. Le général Ali Abdollahi, chef des forces armées iraniennes, a averti que toute assistance à l’armée américaine serait considérée comme une participation aux opérations militaires.
Les Émirats et l’Iran, séparés par le détroit d’Ormuz, partagent des liens culturels et historiques profonds. Avant le conflit, les Émirats étaient un partenaire commercial majeur pour l’Iran, qui fait face à des sanctions américaines.
Les négociations diplomatiques sont dans une impasse, Donald Trump affirmant qu’« Aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran ».
Vers un isolement économique
Selon des sources américaines, les échanges ont été suspendus et Donald Trump a ordonné à ses équipes de ne pas relancer le dialogue tant que Téhéran ne s’alignerait pas sur les positions américaines. Téhéran, de son côté, n’a pas montré de signes d’apaisement.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n’aurait pas respecté les engagements pris dans un protocole d’accord signé en juin, qui prévoyait une trêve de soixante jours pour parvenir à un règlement durable.
Ce protocole a été largement ignoré avec la reprise des hostilités en juillet. Lors de sa visite à Bagdad, Ghalibaf a dénoncé « l’ingérence étrangère » tout en appelant à un « renforcement régional ».
Iranian Parliament Speaker Mohammad Bagher Ghalibaf said on Wednesday that his visit to Iraq was aimed at accelerating the formation of a “new regional order” without foreign involvement.
Ghalibaf said regional countries should pursue collective security and deeper relations,… pic.twitter.com/04kdtWUef5
— Iran International English (@IranIntl_En) August 19, 2026
Parallèlement, l’Iran et Oman, tous deux riverains du détroit d’Ormuz, sont en pourparlers concernant la gestion future de ce passage vital. Téhéran, qui vise les navires traversant le détroit sans autorisation, propose d’imposer des frais de navigation pour les services fournis, une idée rejetée par les États-Unis et d’autres pays de la région.