La domination des Pays-Bas sur le marché allemand des tomates
Au cours des vingt dernières années, l’Allemagne a largement dépendu des Pays-Bas pour ses importations de tomates, ces derniers étant le principal fournisseur du marché sans réelle concurrence directe. Dès 2005, les exportations néerlandaises vers l’Allemagne atteignaient 319 300 tonnes.
Cette suprématie n’a jamais été remise en question au fil du temps, comme le montre une analyse réalisée par le site spécialisé Hortoinfo basée sur des données provenant de Comtrade, la division des statistiques des Nations Unies (ONU) et du service statistique Estacom de l’Agence fiscale espagnole (ICEX).
Une montée en puissance du Maroc sur le marché allemand
En 2015, les ventes néerlandaises ont atteint un pic historique de 417 600 tonnes, confirmant ainsi le rôle central des Pays-Bas dans l’approvisionnement du marché allemand en tomates. Cependant, en 2024, malgré un léger recul par rapport à ce sommet, les Pays-Bas ont encore écoulé 360 200 tonnes, représentant 47,93% des importations totales allemandes de tomates. Dans ce contexte verrouillé, l’émergence de nouveaux fournisseurs, notamment le Maroc, est significative.
Sur la période analysée, le Maroc affiche la croissance la plus rapide parmi tous les pays fournisseurs de l’Allemagne. En 2005, les exportations marocaines de tomates vers l’Allemagne ne dépassaient pas 12 710 tonnes. Vingt ans plus tard, en 2024, ce chiffre est monté à 74 890 tonnes, soit une progression spectaculaire de 489%.
Cette montée en puissance permet au Maroc de capturer près de 10% du marché allemand de la tomate en volume, contre moins de 2% au milieu des années 2000. En valeur, les exportations marocaines sont passées de 14,56 millions d’euros en 2005 à 157,99 millions d’euros en 2024.
Le prix moyen de la tomate marocaine vendue en Allemagne atteint 2,11 euros le kilo, un niveau supérieur à celui de l’Espagne, démontrant un positionnement de plus en plus valorisé pour ce produit.
Comparaison des exportations de tomates par pays vers l’Allemagne en 2005 et 2024
| Pays | 2005 | 2024 | % total | Évolution % |
|---|---|---|---|---|
| Pays-Bas | 319 341 | 360 175 | 47,93 | +12,79 |
| Maroc | 12 715 | 74 888 | 9,97 | +489 |
| Espagne Total | 200 146 | 216 178 | 28,77 | +8,01 |
| Esp-Almería | 85 256 | 146 290 | 19,47 | +71,59 |
| Esp-Murcia | 60 140 | 13 966 | 1,86 | -76,78 |
| Esp-Canarias | 18 394 | 0,00 | 0,00 | -100,00 |
| Autres | 142 417 | 100 154 | 13,33 | -29,68 |
| TOTAL | 674 619 | 751 395 | 100 | +11,38 |
Malgré la croissance impressionnante du Maroc, ce dernier reste en retrait par rapport aux grands fournisseurs traditionnels du marché allemand. L’Espagne, dans son ensemble, demeure le deuxième fournisseur après les Pays-Bas.
En 2024, les exportations espagnoles de tomates vers l’Allemagne ont atteint 216 180 tonnes, représentant 28,77% des importations totales allemandes. La seule province d’Almería a exporté 146 290 tonnes, soit 19,47% du total, soit presque le double des volumes marocains.
Des évolutions contrastées entre les pays fournisseurs
À la différence du Maroc, les exportations espagnoles n’ont progressé que de 8% sur une période de vingt ans. Ces données illustrent le rattrapage rapide opéré par le Maroc, bien que l’écart en volumes absolus reste significatif.
L’analyse souligne également le recul marqué de certains acteurs historiques. La province espagnole de Murcie a vu ses exportations chuter de près de 77%, passant de 60 140 tonnes en 2005 à 13 960 tonnes en 2024.
Ces volumes ne représentent plus que 1,86% du marché allemand, bien que le prix moyen ait augmenté à 1,93 euro le kilo, indiquant un recentrage vers des segments plus rentables.
Le cas des îles Canaries est encore plus radical. En 2005, l’archipel exportait 18 390 tonnes de tomates vers l’Allemagne, plus que le Maroc à l’époque. Depuis 2012, ces exportations sont tombées à zéro, la tomate canarienne ayant disparu du marché allemand.














































