lundi 2 novembre 2026
En Direct Circuits de distribution : le plan de l’État pour maîtriser l’augmentation des prix
Economie

Circuits de distribution : le plan de l’État pour maîtriser l’augmentation des prix

Par Laura Tournon · Publie le 2 novembre 2026 · 5 min de lecture

Une Stratégie Globale face à l’Inflation au Maroc

Face aux défis persistants de la hausse des prix et à la nécessité de garantir un approvisionnement régulier du marché intérieur, le gouvernement marocain a élaboré une stratégie globale, présentée lors des discussions générales du projet de loi de finances 2027. Lors d’une intervention devant la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a souligné l’urgence d’une approche multidimensionnelle, comme le rapporte le magazine hebdomadaire La Nouvelle Tribune. Cette vision stratégique intègre la régulation des exportations alimentaires, la modernisation des infrastructures commerciales et une réorganisation des circuits de distribution pour endiguer les pressions inflationnistes de manière durable.

Encadrement des Exportations Alimentaires

Le premier pilier de cette stratégie traite de l’encadrement des exportations alimentaires, surtout après les épreuves climatiques que le pays a subies. Le ministre a rappelé que le Maroc avait traversé sept années consécutives de sécheresse, ce qui a impacté ses capacités de production agricole et perturbé l’approvisionnement de certains marchés. Dans ce contexte, doubler les volumes exportés tout en laissant le marché intérieur faire face à une forte augmentation des prix serait irrationnel. Le ministre a cependant rassuré les acteurs économiques en rejetant l’idée d’un retour à l’ancien modèle de gestion étatique, symbolisé par l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE). L’objectif réside dans la recherche d’un équilibre entre le développement nécessaire des exportations agricoles et la satisfaction des besoins de consommation nationale.

Lire aussi:  Le Maroc et l'Inde visent à doubler leurs échanges économiques

Modernisation des Marchés de Gros

Le second axe de cette réforme vise à moderniser douze marchés de gros répartis à travers le pays. Ces plateformes essentielles nécessitent une refonte complète pour améliorer leur fonctionnement opérationnel et favoriser une saine concurrence entre les opérateurs.

Fluidité des Circuits Logistiques

Actuellement, ces infrastructures présentent des dysfonctionnements qui contribuent directement à l’augmentation des coûts des produits alimentaires entre leur sortie des exploitations et leur arrivée dans les paniers des ménages. Pour remédier à cette situation, l’État envisage d’instaurer des mécanismes garantissant la fluidité et la connexion entre les bassins de production et de consommation, tout en préservant l’autonomie des opérations d’achat et de vente. Cette transition vise à permettre aux commerçants de choisir librement leurs sources d’approvisionnement et de fixer leurs prix dans un cadre concurrentiel, respectant l’initiative privée, comme l’indique La Nouvelle Tribune.

Renforcement des Liens entre Producteurs et Consommateurs

Au-delà des marchés traditionnels, le gouvernement s’efforce également de fluidifier les liens entre les producteurs agricoles et les grands centres urbains de consommation. Cette étape intermédiaire de la chaîne logistique génère des surcoûts considérables, aggravés par des inadéquations dans les modalités de facturation et les dépenses engagées sur le terrain. Pour réduire la distance économique entre le monde rural et le consommateur final, des solutions innovantes, telles que la création de sociétés régionales, sont en cours d’études pour optimiser le parcours des denrées. Le ministre a affirmé que cette démarche sera concertée, se montrant disposé à examiner les amendements et propositions des parlementaires pour peaufiner le dispositif.

Lire aussi:  Champions publics : Tanger Med et la CDG consolident leur stratégie

Adaptation des Circuits Logistiques pour les Produits Sensibles

La révision des circuits logistiques ne se limite pas aux produits agricoles, mais englobe également les filières sensibles telles que les viandes et les poissons. Chacun de ces secteurs présente des spécificités uniques en matière de production, transport, stockage et distribution, nécessitant des mesures d’adaptation sur mesure. Fouzi Lekjaa a déclaré que réduire le coût de la vie ne peut reposer uniquement sur des restrictions d’exportation ou des travaux de rénovation des infrastructures. Cette ambition requiert une restructuration des relations interprofessionnelles, favorisant des liens plus équitables et transparents depuis la production jusqu’à la distribution, comme l’écrit La Nouvelle Tribune.

Une Intervention Régulatrice Mesurée

Ainsi, le gouvernement préconise une intervention publique régulatrice mais mesurée, visant à ne pas étouffer la liberté d’entreprendre. L’ambition est de neutraliser les effets pervers où les défaillances d’un maillon de la chaîne se déplacent vers un autre, garantissant ainsi une disponibilité permanente de denrées accessibles à la population. En alliant pragmatisme économique, respect de l’initiative privée et concertation parlementaire, le Maroc aspire à consolider la résilience de son marché intérieur tout en préservant ses acquis exportateurs face aux aléas climatiques et structurels.